Quinze jours à La Réunion, le séjour complet
Le tour de l’île sans rien bâcler : trois jours dans Mafate, l’Est et le Sud sauvage en entier, le volcan, les baleines si la saison le permet, et deux journées où l’on ne fait rien du tout.
- Pour qui
- Deuxième visite, ou première visite longue. La traversée de Mafate sur trois jours demande de marcher quatre à cinq heures par jour avec un sac : c’est la seule exigence physique réelle de l’itinéraire, et elle n’est pas contournable.
- Quand
- D’avril à novembre. De juillet à octobre pour les baleines. Évitez février et mars : cyclones, sentiers fermés, routes des hauts coupées. En juin-juillet, prévoyez des vêtements chauds : il gèle la nuit à la Plaine des Cafres.
- Budget
- Comptez de 2 500 à 4 000 € par personne au départ de Paris, vol et voiture compris, hors haute saison. Les deux nuits en gîte à Mafate sont les moins chères du séjour ; la sortie baleines est la ligne la plus élastique.
- Véhicule
- Voiture indispensable, prise à l’aéroport le jour de l’arrivée et gardée les quinze jours. Elle reste trois jours au parking gardé du Col des Boeufs pendant la traversée de Mafate : prévoyez des espèces pour la nuitée.
À réserver avant de partir
- Les deux nuits en gîte à Mafate, plusieurs mois à l’avance. Les îlets comptent peu de lits, les gîtes ferment parfois, et un refus en août se règle rarement. C’est la réservation à faire avant même de choisir vos dates de vol.
- La voiture, dès que les vols sont pris.
- La sortie baleines, quelques jours avant seulement : elle dépend de la mer, et la réserver des semaines à l’avance ne garantit rien. Choisissez un opérateur signataire de la charte d’approche des cétacés.
- Les nuits à Hell-Bourg et à Cilaos, au moins un mois avant en haute saison.
- Rien d’autre. Les deux journées libres n’ont rien à réserver, c’est leur raison d’être.
-
1
Arrivée, et rien d’ambitieux
- Matin
- Atterrissage, récupération de la voiture. Les vols longs courriers arrivent le plus souvent le matin.
- Après-midi
- Installation à Saint-Gilles, puis plage de l’Ermitage. Le lagon est tiède et peu profond : c’est la meilleure façon de ne rien faire après onze heures d’avion.
- Soir
- Coucher de soleil à Boucan Canot, dîner sur le port de Saint-Gilles.
Le conseil Faites vos courses pour la semaine dès le premier jour : les grandes surfaces de l’Ouest sont bien moins chères que les commerces des hauts, et vous ne retrouverez pas un supermarché correct avant Saint-Louis.
Nuit à Saint-Gilles-les-Bains où dormir dans ce secteur où manger
-
2
Le Maïdo au lever du jour
- Matin
- Départ à 5 h. Le Maïdo s’ouvre sur le cirque de Mafate à 2 200 m, et les nuages montent vers 9 h : après, il n’y a plus rien à voir. Vous voyez d’ici les îlets que vous traverserez à pied dans cinq jours.
- Après-midi
- Redescente, puis Kélonia à Saint-Leu, centre de soins des tortues marines, vrai travail scientifique, pas un delphinarium.
- Soir
- Saint-Leu ou Saint-Gilles.
Le conseil Il fait 8 à 12 °C au Maïdo avant le lever du soleil. Emportez une veste : tout le monde se fait avoir.
Nuit à Saint-Gilles-les-Bains où dormir dans ce secteur où manger
-
3
Les baleines, ou la mer autrement
- Matin
- De juillet à octobre, sortie en mer de trois à quatre heures au départ de Saint-Gilles ou du Port. Les baleines à bosse passent au large de la côte ouest pour mettre bas ; le pic est en août et septembre. Rien n’est garanti : on peut passer une matinée en mer sans en voir une seule, et c’est fréquent.
- Après-midi
- Lagon de l’Ermitage, ou sentier littoral de Cap La Houssaye si la mer n’était pas tenable. Hors saison des baleines, remplacez la matinée par le jardin d’Éden ou une plongée sur la réserve marine.
- Soir
- Saint-Gilles.
Le conseil L’approche des cétacés est encadrée par arrêté préfectoral : distances imposées, nage très restreinte, nombre de bateaux limité autour d’un animal. Un opérateur qui vous promet de nager avec une baleine à bosse ne respecte pas la réglementation. Réservez la veille ou le matin même, en fonction de la mer.
À réserver La sortie en mer, quelques jours avant au plus.
Nuit à Saint-Gilles-les-Bains où dormir dans ce secteur où manger
-
4
Journée sans programme
- Matin
- Rien. Pas de réveil, pas de route, pas de site à voir. C’est la première des deux journées vides de l’itinéraire, et elle est placée ici volontairement : trois jours après l’arrivée, le décalage et les deux réveils à 5 h se font sentir.
- Après-midi
- Ce que vous voulez, dans un rayon de dix kilomètres : le lagon, un marché, une sieste, un livre. Si vous vous ennuyez, le sentier littoral entre l’Ermitage et Saint-Leu se fait à l’ombre.
- Soir
- Saint-Gilles.
Le conseil La tentation sera de remplir cette journée avec ce que vous aurez repéré la veille. Ne le faites pas : c’est cette journée qui vous permettra de tenir les trois jours de Mafate et les deux cents kilomètres de la fin du séjour.
Nuit à Saint-Gilles-les-Bains où dormir dans ce secteur où manger
-
5
La route de Salazie
- Matin
- Route des Tamarins puis littoral nord jusqu’à Saint-André, et montée dans le cirque par la RD48. La gorge est étroite, humide, et les cascades tombent directement sur la chaussée : roulez lentement, il y a des pierres.
- Après-midi
- Arrêt au Voile de la Mariée, visible depuis la route en cinq minutes, il ne faut pas plus. Puis installation à Hell-Bourg et tour du village à pied : cases créoles, anciens thermes abandonnés, jardins.
- Soir
- Table d’hôtes à Hell-Bourg. Il fait 15 °C le soir à 950 m, et l’humidité rend le froid plus sensible qu’à Cilaos.
Le conseil Salazie est le cirque le plus arrosé de l’île : comptez sur la pluie une partie de la journée, même en saison sèche. Elle fait partie du paysage, pas de la malchance.
À réserver Les deux nuits à Hell-Bourg.
Nuit à Hell-Bourg où dormir dans ce secteur où manger
-
6
Salazie, et la veille de Mafate
- Matin
- Montée à pied vers la forêt de Bélouve depuis Hell-Bourg : 1 h 30 à 2 h pour 580 m de dénivelé, dans une forêt de tamarins des hauts. Le sentier qui mène du gîte au belvédère du Trou de Fer est fermé par intermittence depuis plusieurs années, et la fermeture n’est parfois affichée qu’au départ du sentier : vérifiez auprès de l’ONF la veille.
- Après-midi
- Grand Îlet en voiture, et repérage de la route forestière du Col des Boeufs que vous prendrez demain à l’aube. Puis repos : il faut arriver frais à Mafate.
- Soir
- Hell-Bourg. Dernier vrai dîner avant les gîtes.
Le conseil Laissez vos valises à Hell-Bourg et ne partez qu’avec un sac à dos : eau, veste de pluie, frontale, deux tenues, papiers, espèces. Dans Mafate il n’y a pas de route, donc aucun transport de bagages : on porte tout soi-même pendant trois jours, et chaque kilo se paie dans les montées du troisième.
Nuit à Hell-Bourg où dormir dans ce secteur où manger
-
7
Mafate, premier jour : La Nouvelle
- Matin
- Départ tôt. La route monte par Grand Îlet puis Le Bélier, et finit en route forestière étroite jusqu’au parking gardé, vers 1 650 m. Le parking se remplit, surtout le week-end. Laissez la voiture, payez les deux nuitées, et montez au col à pied : une demi-heure.
- Après-midi
- Du Col des Boeufs, descente vers la Plaine des Tamarins, marches en bois raides et glissantes par temps humide, puis La Nouvelle. Comptez 2 h pour 500 m de descente. Vous arrivez en début d’après-midi : traversée de l’îlet, école, chapelle, potagers. C’est un village habité, pas un décor.
- Soir
- Gîte, demi-pension. Peu ou pas de réseau, électricité limitée, lumière coupée tôt.
Le conseil Vérifiez l’état de la route forestière du Col des Boeufs avant de partir : elle est coupée plusieurs fois par an pour éboulement ou travaux de purge, et des navettes la remplacent parfois depuis Grand Îlet. Prévoyez aussi le scénario inverse : si elle ferme pendant que vous êtes dans le cirque, vous sortirez par le Maïdo ou par Sans-Souci, et votre voiture restera en haut.
À réserver La nuit en gîte, réservée des mois plus tôt.
Nuit à La Nouvelle, en gîte où dormir dans ce secteur où manger
-
8
Mafate, deuxième jour : Trois Roches et Marla
- Matin
- Départ après le petit-déjeuner vers les Trois Roches : 1 h 30 de marche à flanc, puis une dalle de basalte où la rivière des Galets disparaît dans une faille. C’est le passage le plus photographié du cirque, et il est glissant ; les bâtons servent.
- Après-midi
- Remontée vers Marla, 1 h 45 à 2 h, dont une fin de parcours en montée régulière à découvert. Marla est le plus haut îlet habité, à 1 630 m, et le plus nu : pas de forêt, de l’herbe, des remparts tout autour.
- Soir
- Gîte à Marla. Il fait froid dès le coucher du soleil : la polaire n’est pas un luxe.
Le conseil C’est la journée la plus exposée du séjour. Partez avant 8 h, emportez deux litres d’eau par personne, et ne traversez pas la rivière des Galets si elle est haute : elle monte très vite après la pluie et la crue ne se négocie pas. En cas de doute, restez un jour de plus à La Nouvelle, le gîte s’arrangera.
À réserver La nuit en gîte, réservée des mois plus tôt.
Nuit à Marla, en gîte où dormir dans ce secteur où manger
-
9
Mafate, troisième jour : la sortie, puis Cilaos
- Matin
- Remontée de Marla au Col des Boeufs : 7 km et 570 m de dénivelé, environ 3 h avec un sac. Les derniers lacets avant le col sont longs. Vous retrouvez la voiture vers midi.
- Après-midi
- Redescente sur Saint-André, littoral jusqu’à Saint-Louis, puis la RN5 et ses quatre cents virages jusqu’à Cilaos. Trois heures de marche plus trois heures de route : la journée est longue, et elle est la dernière de ce genre.
- Soir
- Cilaos. Table d’hôtes, lentilles, vin local. Vous ne ferez rien d’autre.
Le conseil Il est tentant de sortir de Mafate par le Col du Taïbit pour arriver directement à Cilaos à pied : c’est magnifique et c’est un piège, parce que la voiture reste au Col des Boeufs, de l’autre côté. Si vous y tenez, il faut organiser un transfert à l’avance, et cela coûte plus cher qu’une nuit de gîte.
À réserver Les trois nuits à Cilaos.
Nuit à Cilaos où dormir dans ce secteur où manger
-
10
Journée sans programme
- Matin
- Rien, à nouveau. Vous sortez de trois jours de marche : les jambes et les épaules ont besoin d’un jour, et le reste du séjour fait encore deux cent cinquante kilomètres.
- Après-midi
- Thermes de Cilaos, ou le bourg, ou rien. Cilaos est le seul cirque où une journée immobile reste agréable : il y a des terrasses, un marché, une rue.
- Soir
- Cilaos.
Le conseil Si la météo annonce une seule belle journée pour les deux prochaines, échangez cette journée avec la suivante. C’est le seul échange autorisé : ne la supprimez pas.
Nuit à Cilaos où dormir dans ce secteur où manger
-
11
Une journée dans le cirque de Cilaos
- Matin
- Randonnée au choix : le Bras Rouge pour une demi-journée facile, la Roche Merveilleuse pour vingt minutes de marche et une vue sur tout le cirque, le Col du Taïbit pour une journée soutenue avec vue sur Marla, où vous dormiez il y a trois jours.
- Après-midi
- Îlet à Cordes en voiture : une heure et demie aller-retour, une route en corniche au-dessus du cirque, et un plateau de lentilles au bout. C’est l’une des rares routes de l’île qui reste belle sous les nuages.
- Soir
- Cilaos.
Le conseil Le Piton des Neiges se gravit depuis Cilaos, mais pas en journée : il faut dormir au gîte d’altitude et repartir à 3 h du matin. Si c’est votre objectif, il remplace cette journée et celle d’avant, et il faut réserver le gîte comme ceux de Mafate.
Nuit à Cilaos où dormir dans ce secteur où manger
-
12
Vers le volcan
- Matin
- Redescente de Cilaos, puis montée par Le Tampon vers la Plaine des Cafres. Le paysage change complètement : prairies, vaches, brouillard. Après trois cirques, c’est un repos pour les yeux.
- Après-midi
- La Cité du Volcan à Bourg-Murat. Une heure et demie qui rend la journée du lendemain bien plus intéressante.
- Soir
- Ferme-auberge. Il fait froid le soir à 1 600 m : vérifiez le chauffage de votre chambre.
Le conseil Faites le plein d’essence avant de monter. Les stations sont rares au-dessus de la Plaine, et il n’y en a aucune sur la route du volcan.
Nuit à Bourg-Murat ou La Plaine-des-Cafres où dormir dans ce secteur où manger
-
13
Le volcan à l’aube, puis la rivière Langevin
- Matin
- Départ avant 6 h pour le Pas de Bellecombe. La route traverse la Plaine des Sables, qui ne ressemble à aucun autre endroit de l’île. Descente dans l’enclos jusqu’au Formica Leo si vous êtes à l’aise : 1 h 30 aller-retour. La montée au Dolomieu demande cinq à six heures et une partie de la journée suivante pour s’en remettre.
- Après-midi
- Redescente par Saint-Joseph, puis la rivière Langevin jusqu’à la cascade de Grand Galet. La route est étroite et très fréquentée le week-end : allez-y en semaine, ou tôt.
- Soir
- Sud sauvage. Peu d’adresses, pas de vie nocturne, et c’est le but.
Le conseil Vérifiez la veille que l’enclos est ouvert : il ferme pendant les éruptions et par arrêté préfectoral. L’information est sur le site de la préfecture. En cas d’éruption visible, le Piton de Bert et les routes d’accès sont saturés dès le premier soir.
Nuit à Saint-Philippe ou Saint-Joseph où dormir dans ce secteur où manger
-
14
Le Sud sauvage en entier et la route des laves
- Matin
- La côte sud-est, d’ouest en est : Grande Anse et son bassin, Manapany, le cap Méchant et ses falaises de basalte, Saint-Philippe et la forêt de Mare Longue, la Pointe de la Table. Pas de plage de sable blanc, pas de lagon : de la roche noire, des vacoas, et la houle australe qui tape directement.
- Après-midi
- La route des laves à travers le Grand Brûlé. Les coulées sont datées au bord de la route ; celle d’avril 2007 a recouvert la chaussée et agrandi l’île de plusieurs dizaines d’hectares au niveau du Tremblet. La route actuelle passe dessus. Puis Sainte-Rose, l’Anse des Cascades et l’église Notre-Dame des Laves, que la coulée de 1977 a contournée.
- Soir
- Côte au vent. Il pleut plus ici qu’ailleurs : prévoyez-le au lieu de l’espérer.
Le conseil Sur le Grand Brûlé, restez près de la route. Il n’y a pas de sentier balisé, la lave coupe les semelles, et les tunnels de lave ne se visitent qu’avec un guide, casque et frontale. C’est aussi la portion de côte la plus exposée : par forte houle, les abords de la Pointe de la Table sont fermés.
Nuit à Saint-Benoît ou Sainte-Anne où dormir dans ce secteur où manger
-
15
L’Est, puis l’aéroport
- Matin
- Un choix à faire, et un seul : le Grand Étang, à 20 min de Saint-Benoît, avec une heure de marche jusqu’au belvédère et deux heures et demie pour en faire le tour, sachant que l’étang se vide en saison sèche et peut n’être qu’une prairie humide. Ou le bassin de Takamaka, 40 min de route dans la vallée de la rivière des Marsouins, un point de vue sur un amphithéâtre de cascades et de conduites forcées, et rien à marcher.
- Après-midi
- Retour par la RN2 et le littoral nord. Restitution de la voiture. Si vous avez du temps, le marché couvert de Saint-Denis et le jardin de l’État sont à dix minutes de l’aéroport.
- Soir
- Vol retour, généralement en soirée ou de nuit.
Le conseil Prévoyez deux heures de marge : la restitution du véhicule et l’enregistrement prennent plus de temps qu’on ne croit à Roland-Garros. Et ne programmez pas les deux sites : Takamaka et le Grand Étang dans la même matinée, puis un vol, c’est la façon classique de finir quinze bons jours sur une mauvaise journée.
Nuit à : où dormir dans ce secteur où manger
Ce que cet itinéraire ne fait pas
Dire ce qu’on laisse de côté vaut mieux que tout promettre et tout bâcler.
- Le tour complet de Mafate. Trois jours donnent deux îlets et le passage des Trois Roches. Aurère, Îlet à Malheur, Grand Place et Roche Plate demandent une semaine de plus et une logistique différente : c’est un autre voyage, pas une extension de celui-ci.
- Le Piton des Neiges, sauf si vous lui consacrez les journées 10 et 11. Nuit en gîte à 2 480 m, départ à 3 h, et une journée de récupération ensuite.
- Le Trou de Fer. Le belvédère est accessible, mais le sentier depuis Bélouve est fermé par intermittence depuis plusieurs années pour cause de platelages dégradés et d’éboulements. Vérifiez auprès de l’ONF avant de bâtir une journée dessus, et prévoyez autre chose.
- Le survol en hélicoptère. Il montre ce qu’aucune route ne montre, mais il dure quarante minutes, coûte le prix de trois nuits et se décide la veille selon la météo. Il n’entre pas dans un itinéraire, il s’y ajoute.
- Le lagon en continu. Si votre idée du séjour est quinze jours de plage, cet itinéraire n’est pas le bon : il n’y consacre que trois demi-journées, et les plages de l’Est et du Sud ne se baignent pas.
- Et surtout : la tentation d’utiliser les journées 4 et 10 pour ajouter autre chose. Elles sont la différence entre un séjour de quinze jours et deux séjours d’une semaine collés bout à bout.