Dossier
Randonner à La Réunion
Neuf cents kilomètres de sentiers balisés, trois cirques, un volcan actif et des dénivelés qui surprennent les randonneurs les plus aguerris. De quoi préparer sérieusement.
On vient à La Réunion pour la mer et on y reste pour la montagne. L’île concentre sur deux mille cinq cents kilomètres carrés un réseau de sentiers d’une densité rare, hérité des chemins de portage qui reliaient les îlets avant les routes. Quarante pour cent du territoire est classé au patrimoine mondial.
Les trois grands itinéraires
Le GR R1 fait le tour du Piton des Neiges en cinq jours, par Cilaos, Salazie et la Plaine des Cafres. C’est le plus fréquenté, celui qu’on conseille pour une première.
Le GR R2 traverse l’île en diagonale, de Saint-Denis à Saint-Philippe, en dix à douze jours. Il passe par Mafate, le Piton des Neiges et le volcan. C’est l’itinéraire de référence, exigeant et complet.
Le GR R3 fait le tour de Mafate en quatre jours, entièrement dans le cirque, sans jamais croiser de route.
Les randonnées d’une journée
Toutes les marches ne demandent pas cinq jours. Quelques classiques accessibles à un marcheur régulier :
- Le Piton de la Fournaise, depuis le Pas de Bellecombe. Cinq heures aller-retour, cinq cents mètres de dénivelé, sur un sol de lave. Départ impératif avant 7 h.
- Le Trou de Fer, depuis Bébour. Quatre heures dans une forêt primaire de tamarins, jusqu’au belvédère d’une cascade de trois cents mètres.
- Le Maïdo et le Grand Bénare, cinq heures pour dominer Mafate à 2 896 mètres.
- La cascade Langevin et le bassin Bleu, dans le sud sauvage, deux heures faciles au bord de l’eau.
Ce qui surprend les métropolitains
Trois choses, régulièrement.
Le dénivelé. Les distances sont courtes, les pentes rudes. Douze kilomètres peuvent demander sept heures. Comptez en dénivelé, pas en kilomètres.
Le brouillard de l’après-midi. Il monte des Bas presque chaque jour à partir de midi. Une vue dégagée se mérite tôt : sur les hauteurs, on part à l’aube.
Le froid. À 3 000 mètres, il gèle en juillet. Le lever de soleil au Piton des Neiges se vit à moins deux degrés, en short chez ceux qui n’ont pas préparé.
S’équiper
Chaussures montantes à semelle crantée, obligatoires : les sentiers sont rocheux et souvent humides. Deux litres d’eau par personne et par jour, davantage dans le sud. Coupe-vent imperméable même par grand beau temps. Frontale, y compris pour une sortie à la journée. Crème solaire d’indice élevé, l’UV atteint 11 en été austral.
Le réseau mobile est absent dans une grande partie de Mafate et sur le volcan. Prévenez toujours quelqu’un de votre itinéraire et de votre heure de retour.
Partir seul ou accompagné
Les sentiers balisés se parcourent sans guide. Un accompagnateur en montagne diplômé prend tout son sens sur trois usages : la première approche du volcan, la traversée de Mafate quand on ne connaît pas, et toute sortie hors sentier ou en canyon.
Comptez quarante à soixante euros la journée en groupe, cent cinquante à deux cents en privé.