Dossier
Plongée et palmes-masque-tuba
Une barrière de corail protégée par une réserve naturelle, des tombants qui cassent à quelques centaines de mètres du rivage, et un lagon où il suffit d’un masque. Ce qu’on voit sous l’eau à La Réunion, et dans quelles conditions.
La vie sous-marine de l’île se concentre sur une seule façade : la côte ouest, la seule abritée des alizés et la seule bordée d’un récif. Le reste du littoral est jeune, abrupt, battu par la houle, et se plonge peu.
La réserve naturelle marine
Depuis 2007, la façade ouest est classée en réserve naturelle nationale, du nord de Saint-Paul au sud de Saint-Leu. Elle couvre le lagon, le récif et une partie des pentes externes, et découpe l’espace en niveaux de protection : du périmètre général, où les usages de loisir restent larges, jusqu’à une zone intégrale où l’on ne met pas les pieds.
Pour un visiteur, cela se résume à quelques gestes. On ne prélève rien, ni coquillage ni corail, mort ou vivant. On ne marche pas sur le récif et on ne s’y accroche pas. On ne nourrit pas les poissons. Pêche, mouillage et certaines activités nautiques sont réglementés zone par zone, et les agents de la réserve contrôlent.
Cette sévérité a une raison : le récif a subi plusieurs épisodes de blanchissement liés au réchauffement de l’eau, en plus de la pression des apports terrestres. Respecter le balisage et ne rien toucher sont les deux seuls gestes qu’un visiteur puisse faire.
Palmes, masque et tuba dans le lagon
C’est l’activité la plus accessible de l’île et le meilleur rapport entre l’effort et ce que l’on voit. Le lagon a de l’eau à hauteur de taille sur des dizaines de mètres, et une densité de poissons de récif qui surprend ceux qui s’attendaient à un fond vide.
L’Hermitage
Le secteur de référence. Les patates de corail situées à quelques brasses du bord concentrent poissons-papillons, poissons-chirurgiens, demoiselles, balistes, murènes cachées dans les failles, parfois une tortue verte qui broute. L’eau est claire le matin, avant que les alizés ne lèvent un peu de clapot. Des découvertes guidées du lagon y sont proposées, et l’accompagnement change beaucoup : seul, on voit des poissons ; avec un guide, on comprend un récif.
La Saline-les-Bains et Trou d’Eau
Même lagon, un peu plus large et moins fréquenté, avec des zones de sable qui alternent avec les massifs. Bon secteur pour un premier masque : on a pied presque partout.
La plongée en bouteille
Les centres sont installés sur la côte ouest, de Saint-Gilles à Saint-Leu, avec quelques structures dans le Sud. Les sites se rejoignent en quelques minutes de bateau, ce qui permet deux plongées dans une matinée.
Les tombants
C’est la signature de l’île. Le fond ne descend pas en pente douce : il casse. À faible distance du rivage, le plateau récifal s’interrompt et la paroi part vers le bleu. On plonge le long de cette rupture, le récif d’un côté et le grand large de l’autre, ce qui rend les rencontres pélagiques possibles à faible profondeur. Le tombant de la Pointe au Sel, à Saint-Leu, est le plus connu.
Les jardins et les patates
Sur la pente externe, massifs coralliens et champs de gorgones forment des plongées faciles, peu profondes et lumineuses, bien adaptées aux baptêmes. On y croise la faune de récif au complet, des raies posées sur le sable et, avec de la chance, une tortue.
L’épave du Haï Siang
Un navire coulé au large de la côte ouest, posé par le fond et colonisé depuis. C’est la plongée épave emblématique de l’île, et il faut dire ce qu’elle est : profonde, hors de portée des niveaux de base, elle demande une expérience réelle et un encadrement adapté. Elle se discute avec un centre, plutôt en fin de séjour qu’en arrivant.
La visibilité selon la saison
L’eau est plus claire pendant l’hiver austral, de mai à novembre : les pluies sont rares et les ravines ne chargent pas le littoral en sédiments. C’est aussi la saison la plus fraîche, autour de vingt-quatre degrés, ce qui justifie une combinaison pour deux plongées d’affilée.
De décembre à avril, l’eau atteint vingt-sept ou vingt-huit degrés et la vie est très active, mais chaque épisode pluvieux trouble le plan d’eau pendant un à trois jours, parfois davantage. On plonge très bien en été austral ; on accepte simplement une visibilité plus variable. Voir quand partir à La Réunion.
Un bonus de l’hiver : de juin à novembre, les baleines à bosse sont là. On ne plonge pas avec elles, c’est interdit, mais on les entend sous l’eau, parfois très distinctement. Voir voir les baleines.
Baptême et formation
Le baptême ne demande ni licence ni expérience : un moniteur diplômé vous équipe, explique les trois gestes utiles et vous accompagne à faible profondeur. Il faut savoir se détendre, respirer par la bouche et accepter d’avoir le visage dans l’eau. Les centres appliquent un âge minimum fixé par les fédérations et demandent un questionnaire de santé.
Signalez une otite, un rhume, un problème pulmonaire, cardiaque ou ORL, une grossesse, un traitement en cours : ces éléments conditionnent l’aptitude. Et respectez le délai entre la dernière plongée et un vol en avion, y compris un survol de l’île : c’est un motif courant de mauvaise fin de séjour.
Pour une formation, l’île est un bon terrain : sites proches, eau claire en hiver austral, et des centres qui délivrent les cursus des fédérations françaises comme des organismes internationaux. Un premier niveau se boucle en quelques jours : prévoyez-le en début de séjour.
Le risque requin, et ce qu’il change vraiment
La question se pose, et la réponse mérite d’être précise plutôt que rassurante. Depuis 2013, un arrêté préfectoral interdit la baignade et les activités nautiques utilisant la force de la houle hors du lagon et hors des zones surveillées par des vigies, sur une grande partie du littoral. Cette interdiction est réelle et contrôlée. Voir les plages et les lagons.
La plongée en bouteille encadrée n’entre pas dans ce cadre et continue de se pratiquer normalement. La logique est simple : on ne nage pas en surface au-dessus d’un fond inconnu. Mise à l’eau depuis un bateau, descente immédiate, plongée au fond et le long des parois, remontée au bateau.
Ce que cela change pour vous : pas de snorkeling hors du lagon, pas de nage libre depuis une plage non surveillée. À l’intérieur du lagon, et avec un centre pour la bouteille, le programme reste complet. Si un prestataire vous propose une mise à l’eau libre hors lagon, voyez-y un signal sur le reste de sa pratique.