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Saint-Denis, La Réunion +262 262 02 21 22

Dossier

Le Piton des Neiges

Le point culminant de l’océan Indien, à 3 070 mètres. On y monte en deux jours, avec une nuit en dortoir à deux mille cinq cents mètres et un départ en pleine nuit pour voir le soleil se lever sur les trois cirques.

Le Piton des Neiges est le sommet de La Réunion, et le plus haut point de tout l’océan Indien. C’est un volcan éteint depuis longtemps, et c’est lui qui a construit les deux tiers de l’île : Cilaos, Salazie et Mafate ne sont rien d’autre que ses flancs effondrés et creusés par l’eau. Depuis le sommet, on lit cette géologie d’un seul regard, les trois cirques ouverts en étoile autour de vous.

Son nom prête à sourire sous les tropiques, mais il n’est pas tout à fait usurpé : il gèle au sommet plusieurs mois par an, le givre est fréquent au lever du jour en hiver austral, et de rares chutes de neige y ont été observées. La course n’est pas technique, elle est longue, raide et froide.

3 070 mle point culminant
2 500 menviron, le gîte d’étape
2 henviron, du gîte au sommet
2voies d’accès à pied

Les deux voies d’accès

Toutes les montées convergent vers le même endroit, le gîte de la Caverne Dufour, installé autour de deux mille cinq cents mètres sur une épaule du massif. Deux sentiers y mènent.

Depuis Cilaos

La voie normale, et de loin la plus empruntée. Le sentier part du lieu-dit le Bloc, au bout de la route au-dessus du bourg de Cilaos. Comptez une bonne demi-journée de montée pour plus de mille mètres de dénivelé, dans une pente régulière et soutenue, d’abord sous les tamarins puis dans une lande rase.

L’avantage de cette voie, c’est la logistique : on dort la veille à Cilaos, où l’on trouve commerces et hébergements, et le départ est à quelques minutes de voiture du bourg.

Depuis Hell-Bourg

L’autre versant, depuis Salazie. Le sentier remonte le rempart au-dessus du village et rejoint le même gîte. Il est plus long, plus humide, moins fréquenté, et traverse une forêt de tamarins des Hauts qui vaut le détour à elle seule. À réserver aux marcheurs entraînés, ou à ceux qui veulent faire la traversée d’un cirque à l’autre.

La nuit au gîte de la Caverne Dufour

Le gîte est un refuge de montagne, pas un hôtel. On y dort en dortoir, dans un confort volontairement sommaire, et le repas du soir et le petit-déjeuner sont servis sur place. La réservation est indispensable, et c’est le véritable goulot d’étranglement de cette randonnée : en juillet, en août et pendant les vacances scolaires locales, le gîte est complet des mois à l’avance.

Les nuits y sont franchement froides. L’eau disponible est limitée et provient de la récupération, le chauffage est inexistant, et l’on se couche tôt parce que tout le monde se lève à trois heures du matin. Prévoyez un drap de sac ou un sac de couchage léger en complément des couvertures, et des vêtements chauds que vous garderez sur vous pour dormir.

La montée finale

On quitte le gîte vers trois heures du matin, en file indienne, chacun derrière sa frontale. Comptez de l’ordre de deux heures de montée pour près de six cents mètres de dénivelé, sur un terrain qui change de nature : d’abord un sentier dans la lande, puis une pente de scories et de blocs où l’on marche sur de la caillasse roulante, jalonnée de marques de peinture.

Le dernier tiers est le plus pénible, pas le plus difficile : la pente est forte, le pied ne tient pas bien, et l’altitude se fait sentir. Montez lentement et régulièrement, c’est la seule méthode. Le sommet est une arête rocheuse, souvent balayée par un vent glacial, où l’on attend le jour en se serrant.

Ce qu’on voit du sommet

Si le temps est de votre côté, et ce n’est pas systématique, la récompense est à la hauteur de la nuit blanche. Le soleil sort de l’océan à l’est, et pendant quelques minutes la lumière rasante éclaire le fond des trois cirques, encore bleus d’ombre. On distingue les remparts de Mafate, le plateau de Cilaos, l’entaille de Salazie, le cône du Piton de la Fournaise au sud-est, et une mer de nuages qui recouvre généralement le littoral.

Dites-vous clairement qu’une fois sur deux, environ, le sommet est dans les nuages. Personne ne vend ce lever de soleil, personne ne le garantit, et redescendre sans l’avoir vu fait partie du contrat. La fenêtre se referme vite : dès le milieu de matinée, les nuages remontent des vallées et la vue est perdue pour la journée.

Et en une seule journée ?

C’est possible depuis Cilaos pour des marcheurs très entraînés, en partant de nuit du Bloc et en enchaînant montée et descente dans la même journée. Mais c’est une longue journée de montagne avec un fort dénivelé cumulé, et elle vous fait rater le lever du soleil, qui est tout l’intérêt du sommet. La formule en deux jours avec nuit au gîte reste la bonne, et ce n’est pas un hasard si c’est celle que suivent presque tous les randonneurs.

Quant au sommet sans randonner : il n’y a pas d’option. Aucune route, aucune remontée mécanique, et les survols en hélicoptère tournent autour du massif sans y déposer personne.

Quand venir, et avec qui

De mai à novembre, l’hiver austral offre les ciels les plus clairs et les sentiers les plus secs, au prix de nuits glaciales : c’est la bonne saison. De décembre à avril, la chaleur rend la montée plus dure, les orages d’après-midi sont fréquents et les vues souvent bouchées.

Le sentier est balisé et se parcourt sans guide. Un accompagnateur en montagne diplômé prend tout son sens dans trois cas : vous ne connaissez pas la marche de nuit, vous ne savez pas évaluer votre équipement pour le froid, ou vous voulez enchaîner avec la traversée de Mafate. Le reste du temps, une bonne préparation suffit, et notre dossier randonner à La Réunion en résume l’essentiel.