Sainte-Marie
B&B HOTEL La Réunion Aéroport
À un kilomètre de l’aéroport, à pied : l’adresse des arrivées tardives et des départs matinaux.
- 98
- 3 étoiles
- 14 h
Dossier
Un cirque habité sans une seule route, où l’on entre à pied et où l’on reste à pied. Ce n’est pas une excursion : c’est un séjour de randonnée qu’il faut préparer, réserver et mériter.
Mafate est le troisième cirque du massif du Piton des Neiges, et le seul qu’aucune route n’atteint. Quelques centaines de personnes y vivent, réparties en une dizaine de hameaux appelés îlets, posés sur les replats entre les remparts. On s’y ravitaille par hélicoptère et par porteurs. On y circule exclusivement par les sentiers, dont beaucoup sont les anciens chemins de portage qui reliaient les îlets avant que l’hélicoptère n’existe.
Le nom viendrait d’un chef marron réfugié dans le cirque au temps de l’esclavage, et cette histoire explique la géographie du lieu : on s’installait là justement parce que personne ne pouvait y venir. L’ensemble est aujourd’hui en cœur de parc national et classé au patrimoine mondial.
Il faut être clair sur un point : Mafate ne se visite pas à la journée depuis la côte, sauf en se contentant d’un aller-retour jusqu’au premier îlet. Pour en comprendre quelque chose, il faut y dormir, et donc marcher deux jours au minimum.
Le choix de l’accès détermine votre premier jour, et il n’est pas réversible : on ne change pas d’avis à mi-pente.
C’est l’entrée la plus courte et la plus fréquentée. On monte en voiture jusqu’au bout de la route du Bélier, au-dessus de Grand Îlet, on laisse le véhicule sur un parking surveillé, puis on gagne le col à pied avant de basculer et de descendre sur La Nouvelle. Une navette dessert le départ du sentier depuis le parking : vérifiez les horaires sur place. C’est l’accès à privilégier pour une première approche ou avec des adolescents.
Un passage plus haut et plus physique, qui franchit le rempart entre Cilaos et Marla. La montée au col est soutenue, la bascule spectaculaire : tout le cirque apparaît d’un coup. C’est l’itinéraire qui permet d’enchaîner les deux cirques dans un même séjour.
L’entrée par le bas, en remontant le lit de la rivière depuis les abords du Port. C’est historiquement la voie d’accès au cirque. Elle est longue, chaude, peu ombragée, et remonte une vallée qui se referme progressivement jusqu’aux premiers îlets. L’option la plus exigeante des quatre, et la plus impressionnante.
Deux descentes depuis l’ouest, l’une depuis les abords du Maïdo vers Roche Plate, l’autre depuis Dos d’Âne vers les îlets du nord du cirque. Ce sont de grosses descentes de rempart, avec des passages étroits et exposés, et des remontées à l’identique au retour. À réserver aux marcheurs habitués au terrain accidenté et au vide.
Chaque îlet a sa personnalité, et le choix de vos étapes fait votre séjour.
Le plus grand et le plus visité, sur un plateau herbeux au centre du cirque. École, chapelle, terrain de jeu, plusieurs tables d’hôtes. C’est l’étape de la première nuit pour la plupart de ceux qui entrent par le col des Bœufs, et donc la plus fréquentée en juillet et août.
Le plus haut des îlets, au pied du Taïbit, dans un décor plus minéral et plus froid. Point de passage obligé entre Cilaos et le reste du cirque, et base pour la Brèche et les sentiers du sud.
Sous le rempart du Maïdo, un îlet agricole très exposé au soleil, avec une vue sur la paroi qui donne l’échelle du cirque. Étape habituelle sur le tour.
La partie basse et nord du cirque, moins parcourue : Grand Place et Grand Place les Hauts au-dessus de la rivière, Aurère sur son éperon, Îlet à Bourse, Îlet à Malheur, Cayenne, les Lataniers. On y rencontre encore des habitants qui ne voient pas trois cents randonneurs par jour. Entre Marla et Roche Plate, le site de Trois Roches mérite un arrêt : la Rivière des Galets y coule sur des dalles de basalte polies avant de plonger dans une faille.
On dort en gîte de montagne ou en chambre chez l’habitant, dans des structures familiales de petite capacité, presque toujours en demi-pension. Le repas du soir fait partie de l’expérience : carri servi à table, souvent avec les légumes de l’îlet. Ne comptez pas improviser votre hébergement sur place.
Trois contraintes pratiques à intégrer. Il n’y a pas de distributeur de billets dans le cirque et les paiements par carte ne sont pas garantis : montez avec des espèces. L’électricité vient du solaire, donc elle est comptée, et la recharge des appareils n’est pas toujours possible. Enfin, l’eau du robinet n’est pas partout traitée : demandez à votre hôte et prévoyez de quoi la filtrer ou la purifier si vous êtes sensible.
Hébergements et tables d’hôtes à Mafate
Sainte-Marie
À un kilomètre de l’aéroport, à pied : l’adresse des arrivées tardives et des départs matinaux.
Entre l’aéroport et le centre de Saint-Denis, avec piscine et table créole le soir.
Deux jours. Entrée par le col des Bœufs, nuit à La Nouvelle, retour par le même chemin. C’est le format d’initiation, honnête, qui donne une vraie nuit dans le cirque sans engagement excessif.
Trois jours. Col des Bœufs, La Nouvelle, Marla, sortie par le col du Taïbit sur Cilaos, ou l’inverse. Demande une logistique de véhicule entre deux cirques.
Quatre jours et plus. Le tour du cirque, qui fait le lien entre les îlets du sud et ceux du nord. C’est la formule qui donne sa cohérence au lieu, et celle que décrit notre dossier randonner à La Réunion.
L’hiver austral, de mai à novembre, est la saison de Mafate : sentiers secs, matinées claires, températures tenables à la montée. Il fait froid la nuit en altitude, à Marla en particulier. De décembre à avril, la chaleur et l’humidité rendent les montées difficiles, les ravines se remplissent, et un cyclone peut couper les sentiers pour plusieurs semaines. Dans tous les cas, partez tôt : les nuages ferment le cirque en milieu de journée et la chaleur arrive vite dans les fonds de vallée.