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Saint-Denis, La Réunion +262 262 02 21 22

Dossier

Se déplacer à La Réunion

Deux mille cinq cents kilomètres carrés, trois mille mètres de dénivelé et aucune ligne ferroviaire : à La Réunion, la logistique du séjour se joue sur la route. Voici ce qu’il faut savoir avant de réserver un véhicule et de bâtir un programme.

L’erreur la plus commune, en préparant un séjour, consiste à raisonner en kilomètres. Sur une carte, l’île est petite et les cirques semblent à portée de main. Sur le terrain, le relief impose ses temps de trajet, les routes de montagne se négocient en première et en seconde, et la circulation du Nord se bloque aux mêmes heures que dans n’importe quelle agglomération.

Voiturele seul vrai moyen de circuler
2 hcôte ouest vers le volcan
400 viragesle surnom de la route de Cilaos
2aéroports

Pourquoi la voiture est indispensable

Presque tout ce qu’on vient voir se trouve hors des villes : un départ de sentier, un belvédère, un parking forestier, un village des Hauts. Rien de cela n’est desservi correctement par les transports collectifs, et les horaires utiles — lever du jour sur le volcan, matinée claire sur les Hauts — tombent en dehors des plages où les bus circulent.

Un véhicule modeste suffit : aucun site accessible au public n’exige un quatre-quatre. En revanche, réservez tôt — pendant les vacances scolaires et les fêtes de fin d’année, les flottes de location se vident des mois à l’avance. Et lisez la clause relative aux pistes non revêtues : certains contrats les excluent, et plusieurs accès de randonnée en empruntent.

L’état et la nature des routes

Le réseau est bon : les nationales qui ceinturent l’île sont bien entretenues, souvent à deux fois deux voies sur la façade ouest. Ce qui surprend, c’est la géométrie — virages serrés, pentes prononcées, ponts étroits sur les ravines, routes de montagne taillées à flanc de rempart.

La route du littoral

Entre Saint-Denis et La Possession, la route passe au pied d’une falaise instable. Une nouvelle route en viaduc a été mise en service sur une partie du parcours ; le reste emprunte encore l’ancien tracé, soumis aux basculements de circulation côté mer et à des fermetures lors des fortes pluies ou des risques d’éboulement. Ces fermetures sont annoncées en temps réel et peuvent rallonger un trajet de plusieurs heures par l’intérieur : c’est le point à vérifier avant un avion tôt le matin.

Les routes des cirques et des Hauts

La route de Cilaos est la plus célèbre, et son surnom de route aux quatre cents virages est mérité : étroite, taillée dans la paroi, ponctuée de tunnels à une voie. Celle de Salazie remonte une vallée en longeant les cascades. La montée du Maïdo et la route du volcan, par Bourg-Murat, sont plus larges mais plus longues qu’elles n’en ont l’air, et toutes se brumisent en journée.

Les temps de trajet réels

Raisonnez en heures, pas en distances. Depuis la côte ouest, comptez environ deux heures pour atteindre le Pas de Bellecombe, au bord de l’enclos du Piton de la Fournaise, et un départ de nuit si vous voulez le lever du jour. Depuis Saint-Louis, il faut une bonne heure pour monter à Cilaos et autant pour en redescendre : ces deux heures ne se compriment pas.

Entre Saint-Denis et Saint-Pierre, la liaison est rapide hors heures de pointe et nettement plus lente le matin et en fin de journée. Le tour complet de l’île par la côte se fait en une journée, mais c’est une journée entière de volant : mieux vaut le couper en deux.

Conduire en montagne

Quelques réflexes suffisent. On utilise le frein moteur dans les longues descentes, sous peine de surchauffe. On anticipe les cars et les camions, qui mordent la ligne médiane dans les virages. On klaxonne brièvement avant les tournants aveugles sur les routes étroites, usage local que personne ne prend mal. On réduit l’allure dès que la brume tombe, ce qui arrive vite l’après-midi dans les Hauts.

La pluie rend aussi les chaussées glissantes très rapidement, et les chiens, les volailles et parfois le bétail traversent sans prévenir. La nuit, en montagne, roulez franchement lentement.

Carburant et stationnement

Le prix des carburants est administré à La Réunion : identique partout et révisé périodiquement, il évite de chercher la station la moins chère. Les stations sont nombreuses sur le littoral, plus rares dans les Hauts, et beaucoup ferment tôt le soir et le dimanche. Faites le plein avant de monter.

Le stationnement est le vrai problème des sites fréquentés. Les parkings du volcan, du Maïdo, de Bélouve ou de la rivière Langevin saturent dès le milieu de matinée, surtout le week-end et pendant les vacances locales. Arriver tôt résout à la fois le stationnement, la lumière et la couverture nuageuse. Voir quand partir à La Réunion.

Les transports en commun, et leurs limites

Un réseau interurbain relie les principales villes, complété par des réseaux urbains dans chaque intercommunalité. C’est économique et utilisable pour aller d’une ville à l’autre : une bonne solution pour un séjour centré sur le littoral sans voiture.

Les limites sont réelles : fréquences faibles hors des grands axes, service qui s’arrête tôt en soirée et se réduit fortement le dimanche, sites d’altitude et départs de randonnée mal ou pas desservis. Certaines lignes montent vers les cirques, mais les horaires ne coïncident pas avec une journée de marche. Pour un séjour nature, ce n’est pas une base viable.

Taxis, VTC et navettes

Des taxis stationnent aux deux aéroports et dans les centres-villes, et des chauffeurs de VTC opèrent partout, avec une densité bien plus forte dans le Nord et l’Ouest que dans les Hauts. C’est la bonne solution pour un transfert d’aéroport, une soirée au restaurant ou une randonnée en traversée. Dans ce dernier cas, réservez le retour à l’avance : on ne trouve pas de véhicule au hasard au bout d’un sentier.

Mafate, où la route s’arrête

Le cirque de Mafate n’est relié par aucune route. On y entre à pied, par des sentiers qui partent du Maïdo, de Salazie, de Sans-Souci ou du Cap Noir, et l’on y circule à pied. Des liaisons par hélicoptère assurent le fret et l’approvisionnement des îlets, et certains opérateurs déposent ou récupèrent des marcheurs : seule alternative à la marche, elle se réserve longtemps à l’avance et reste tributaire de la météo. Voir parapente et survols.

Le vélo

L’île est un terrain de cyclisme sérieux : les montées vers le Maïdo, le volcan ou les cirques sont longues et soutenues, et le vélo de route y a une vraie culture locale. Une voie vélo régionale se développe le long de la côte ouest, en partie dans le couloir de la route des Tamarins, et offre de belles portions à l’écart du trafic. Le VTT de descente est bien installé, notamment depuis le Maïdo. En revanche, le vélo ne remplace pas la voiture pour visiter : dénivelés considérables, chaleur forte en bord de mer, routes de montagne étroites. C’est une activité, pas un moyen de transport.

Dernier point, valable pour toute la logistique du séjour : avant la route des Hauts ou une sortie en mer, consultez Météo-France et les communiqués de la préfecture. Les fermetures de routes, de sentiers et d’accès y sont annoncées, et elles changent vite en été austral.