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Saint-Denis, La Réunion +262 262 02 21 22

À faire

Visiter un temple tamoul

Les kovils de l’Est sont des lieux de culte en activité, pas des monuments. On peut en approcher et parfois y entrer, à condition de connaître les règles, et de savoir quand ne pas venir.

  • Où Surtout Saint-André et Sainte-Suzanne ; il en existe partout sur l’île
  • Durée 20 à 30 min pour l’enceinte et la cour
  • Quand Toute l’année ; cérémonies en janvier et février, octobre et novembre
  • Budget Gratuit ; une offrande est possible et jamais exigée
  • Avec des enfants Oui, à condition qu’ils restent calmes et pieds nus
  • Réservation Non ; passez par une association ou un guide pour une visite expliquée

L’engagisme a amené à La Réunion, à partir du milieu du dix-neuvième siècle, des dizaines de milliers de travailleurs venus du sud de l’Inde, principalement du pays tamoul. Leurs descendants, les Malbars, ont construit des temples, des kovils, que l’on reconnaît à leur tour d’entrée sculptée et peinte de couleurs vives. Les plus connus se trouvent dans l’Est, autour de Saint-André : le temple du Colosse, et le kovil du Petit Bazar, dédié à Mourouga. Mais il y en a dans presque toutes les communes, souvent plus modestes, parfois au milieu des champs de canne.

Un lieu de culte, pas une curiosité

C’est le point à comprendre avant de s’y rendre. Ces temples ne sont pas des musées et ne vivent pas du tourisme. Des gens y viennent prier, faire des offrandes, accomplir des vœux et marquer les étapes d’une vie familiale. L’accès n’est ni garanti ni uniforme : il dépend du temple, de l’heure, de la présence d’un responsable et de ce qui s’y passe ce jour-là. L’enceinte extérieure et la cour sont le plus souvent accessibles ; l’intérieur du sanctuaire ne l’est pas toujours, et peut être réservé aux fidèles. On demande, et un refus se respecte sans discussion.

Les règles d’entrée

Elles sont simples et elles ne souffrent pas d’arrangement. On retire ses chaussures avant d’entrer dans l’enceinte, et on les laisse à l’endroit prévu. On évite d’apporter du cuir, ceinture, sac, montre à bracelet de cuir. La tenue couvre les épaules et les genoux, pour les hommes comme pour les femmes ; un maillot de bain ou un short de plage n’a pas sa place. On ne consomme ni alcool ni viande avant d’entrer, et on n’en apporte pas : beaucoup de temples demandent un jeûne de viande, souvent de porc et de bœuf, et parfois une abstinence de plusieurs jours pour les fidèles. On ne touche pas les statues, on ne passe pas devant une personne en prière, on ne tourne pas le dos au sanctuaire en sortant si on peut l’éviter.

Les photographies sont la question la plus sensible. Les règles sont généralement affichées à l’entrée : lisez-les. À défaut, considérez que l’intérieur ne se photographie pas, et que les personnes ne se photographient jamais sans leur accord explicite. Un gopuram photographié depuis la rue ne pose pas de problème ; un fidèle en prière, oui. Rangez le téléphone en entrant, c’est plus simple.

Les périodes de cérémonie

Le calendrier tamoul réunionnais est dense. Le Cavadee, en janvier ou février, est une fête de pénitence où les fidèles portent un arceau décoré et se percent la peau de petites lances après une période de jeûne. Le Dipavali, fin octobre ou début novembre, est la fête des lumières. La marche sur le feu, qui honore Pandialé, a lieu principalement en décembre et janvier, avec d’autres dates en juillet et août. Le Nouvel An tamoul tombe en avril.

Ces jours-là, le temple est au travail. Ce sont des moments impressionnants et souvent ouverts, mais ce ne sont pas des moments de visite : vous ne pourrez pas circuler, vous gênerez si vous cherchez un angle de photo, et les abords seront fermés à la circulation. Si vous voulez y assister, renseignez-vous auprès de la mairie ou d’une association culturelle, venez tôt, restez en retrait, suivez les consignes des organisateurs, et n’approchez pas le brasier ni les pénitents.

À savoir avant d’y aller

  • Venez en milieu de matinée en semaine : il y a souvent quelqu’un sur place pour répondre, et peu de monde.
  • Portez des chaussures faciles à retirer, et des chaussettes si marcher pieds nus sur le sol chaud vous gêne.
  • Laissez ceinture et sac en cuir dans la voiture plutôt que d’avoir à les retirer sur le seuil.
  • Demandez avant d’entrer, même si la porte est ouverte, et demandez à nouveau avant de photographier.
  • Pour comprendre ce que vous voyez, passez par un guide ou une association culturelle : les symboles et les divinités ne se devinent pas.
  • Si une cérémonie est en cours, repartez et revenez un autre jour.
  • Un don dans le tronc est bienvenu si vous êtes entré ; il n’est jamais demandé.

Vigilance Les grandes fêtes attirent beaucoup de monde et les abords des temples sont alors fermés à la circulation : prévoyez de marcher et de vous garer loin. N’assimilez pas les rites de pénitence du Cavadee ou la marche sur le feu à une performance : ce sont des actes religieux accomplis après une préparation longue, et photographier un pénitent de près sans son accord est une intrusion. Les horaires d’ouverture n’existent pas toujours : un temple peut être fermé sans raison affichée, et c’est son droit.