Aller au contenu
Saint-Denis, La Réunion +262 262 02 21 22

Dossier

Saint-Denis

La plupart des visiteurs traversent le chef-lieu en sortant de l’aéroport et n’y reviennent jamais. C’est une erreur : Saint-Denis conserve le plus bel ensemble d’architecture créole urbaine de l’océan Indien, et il se parcourt à pied en une matinée.

Saint-Denis est la ville administrative, universitaire et commerçante de l’île, et elle n’a jamais été conçue pour le tourisme. Il n’y a pas de plage, pas de front de mer balnéaire, et une bonne partie de l’agglomération — Sainte-Clotilde, Le Chaudron, la zone du Butor — n’a strictement aucun intérêt pour un visiteur. L’intérêt est concentré dans un périmètre réduit, entre le Barachois et le Jardin de l’État, et il est réel.

1 kmla rue de Paris, de bout en bout
1905la mosquée Noor-e-Islam
2 277 mla Roche Écrite, au-dessus de la ville
Sam. matinle marché le plus animé

La rue de Paris, de la mer au jardin

C’est l’axe à faire, et il se fait à pied. La rue de Paris monte du bord de mer jusqu’au Jardin de l’État sur environ un kilomètre, bordée de demeures créoles du dix-neuvième siècle : varangues à colonnes, lambrequins découpés, bardeaux, jardins de devant fermés par des grilles. Beaucoup de ces cases abritent aujourd’hui des services publics ou des institutions culturelles, ce qui explique leur état de conservation.

Faites-le tôt le matin, avant la chaleur et avant que la circulation ne s’installe. Une heure suffit en marchant, deux si l’on entre dans les bâtiments ouverts au public.

La Maison Carrère

Une case créole restaurée du dix-neuvième siècle, qui abrite l’office de tourisme. C’est le meilleur point de départ de la visite, pour deux raisons : on y récupère l’information à jour sur ce qui se visite et ce qui est fermé, et le bâtiment lui-même, avec son jardin et sa varangue, montre de l’intérieur ce qu’on ne voit que de la rue ailleurs.

La préfecture et les bâtiments de la Compagnie des Indes

En bas de la rue, l’hôtel de la préfecture occupe un ensemble dont les parties les plus anciennes remontent à l’époque de la Compagnie des Indes. Autour, plusieurs édifices publics du même quartier donnent une idée de ce qu’était la ville coloniale : des façades épaisses, des arcades, de l’ombre partout.

La cathédrale

Un édifice sobre, assez austère vu de l’extérieur, qui tranche avec l’exubérance des églises de village de l’Est. Elle reste un lieu de culte en activité, à visiter comme tel.

Le Barachois

L’esplanade du bord de mer, et le lieu où les Dionysiens se retrouvent. Une pelouse, des alignements de canons tournés vers le large, le monument à Roland Garros, enfant du pays, et une vue sur l’océan sans aucune plage : la côte est ici faite de galets et de rouleaux, et la baignade n’y est ni possible ni autorisée.

Le Barachois se vit en fin de journée, quand la chaleur tombe : promeneurs, coureurs, familles, et des camions-bars installés le long de l’esplanade qui vendent des bouchons, des samoussas et des sandwichs. C’est l’une des rares scènes de rue vraiment vivantes de la ville après dix-huit heures.

Le Jardin de l’État et le muséum

En haut de la rue de Paris, un jardin botanique créé au dix-huitième siècle comme jardin d’acclimatation, où l’on a tenté d’introduire les espèces utiles à la colonie. Allées d’arbres anciens, bassins, kiosque, et beaucoup d’ombre : c’est l’endroit où l’on souffle au milieu de la visite. Le Muséum d’histoire naturelle occupe le bâtiment qui le ferme, avec des collections consacrées à la faune de l’île et des Mascareignes, dont les espèces disparues.

Le Musée Léon Dierx, consacré aux beaux-arts, complète la visite culturelle pour qui a plus d’une matinée.

Les marchés et la rue du Maréchal Leclerc

Deux marchés, à quelques centaines de mètres l’un de l’autre. Le petit marché est celui des fruits, des légumes, des épices et des piments, bruyant et utile si vous cuisinez sur place. Le grand marché est tourné vers l’artisanat et les souvenirs, avec de la vannerie, du bois et beaucoup d’objets importés qui n’ont rien de réunionnais — regardez avant d’acheter.

La rue commerçante qui les relie raconte autre chose : c’est là que se lit le mélange de populations de l’île, avec les commerces tenus de longue date par les familles d’origine indienne et chinoise, et les odeurs qui vont avec.

La mosquée Noor-e-Islam et la pagode chinoise

La mosquée Noor-e-Islam, édifiée au début du vingtième siècle en pleine rue commerçante, est l’une des plus anciennes de France. Son minaret blanc au-dessus des vitrines est l’une des images les plus justes de Saint-Denis. Non loin, une pagode chinoise témoigne d’une autre vague d’immigration.

Ces deux lieux sont des lieux de culte, visitables en dehors des heures de prière et des cérémonies, à condition de se présenter, de se déchausser et de se vêtir correctement. Un passage de dix minutes suffit à comprendre pourquoi la Réunion parle d’elle-même comme d’un laboratoire de coexistence religieuse.

Au-dessus de la ville

Saint-Denis s’adosse à des Hauts immédiats. La route de la Montagne et celle du Brûlé grimpent en quelques kilomètres vers des quartiers perchés d’où la ville se voit en entier, avec l’océan derrière. C’est aussi par Le Brûlé que part le sentier de la Roche Écrite, la grande randonnée du secteur : une longue journée de marche pour un sommet d’où l’on voit Mafate et Salazie à la fois. Les détails sont dans notre dossier sur les points de vue.

Vers l’ouest, la route du littoral file sous la falaise jusqu’à La Possession, avec son viaduc en mer. Ce n’est pas une promenade, c’est un axe rapide et exposé à la houle, parfois basculé ou fermé par mauvais temps.

Dormir et manger à Saint-Denis

La ville dispose de la seule véritable hôtellerie d’affaires de l’île, pratique pour une première ou une dernière nuit, l’aéroport Roland-Garros étant à une quinzaine de minutes sur la commune voisine de Sainte-Marie. Pour un séjour, ce n’est pas le meilleur point de chute : tout le reste de l’île est loin, et la ville n’a pas de bord de mer exploitable.

Côté table, en revanche, Saint-Denis est le meilleur endroit de l’île pour manger varié : cuisine créole, tables indiennes et chinoises, cuisine métropolitaine, et une restauration de midi très active en semaine. Réservez le soir, l’offre ouverte après vingt heures est plus réduite qu’on ne l’imagine.