Poste par poste, du vol à l’essence, avec trois niveaux de budget et ce qu’on peut réellement économiser — sachant que les sites naturels, qui sont la raison du voyage, ne coûtent rien.
Vol en basse saison autour de 600 €, citadine réservée tôt et partagée à deux, gîtes et chambres d’hôtes simples en demi-pension, carris à emporter et pique-niques, randonnée et sites naturels uniquement. Ce budget ne retire rien à l’essentiel : il donne accès aux mêmes cirques, au même volcan et aux mêmes cascades que les autres. Pour une personne seule, ajoutez 200 à 300 € — la voiture et la chambre ne se divisent plus.
Vol en moyenne saison autour de 850 €, catégorie intermédiaire avec rachat de franchise, chambres d’hôtes et hôtels à 100-130 € la nuit pour deux, un restaurant par jour et quelques tables d’hôtes, deux ou trois activités payantes dont une sortie encadrée. C’est le budget de la grande majorité des séjours d’une semaine, et il correspond à l’ordre de grandeur annoncé sur nos itinéraires.
Vol en haute saison ou en classe affaires, SUV ou cabriolet, hôtels et lodges à 250-450 € la nuit, restauration gastronomique, survol en hélicoptère et guide privé. Au-delà de 5 000 €, l’essentiel du supplément porte sur le vol, l’hébergement et l’hélicoptère : les paysages, eux, sont les mêmes. Fourchette ouverte vers le haut, sans plafond utile à indiquer.
| Poste | Serré | Confort | Large |
|---|---|---|---|
| Vol aller-retour depuis la métropole C’est le poste le plus variable et celui où l’on gagne le plus. Les moyennes observées sur les comparateurs en 2026 placent mars autour de 560 €, septembre et janvier autour de 620 €, et août au-dessus de 1 170 € : un même billet coûte donc deux fois plus cher selon le mois de départ. Quatre compagnies desservent Roland-Garros depuis Paris — Air France, Corsair, French Bee et Air Austral — ce qui maintient une vraie concurrence. Réservez quatre à six mois avant, évitez juillet-août et les vacances scolaires des deux hémisphères. Ces chiffres sont des moyennes de comparateurs, pas des tarifs garantis : vérifiez pour vos dates. | 550 à 700 € | 750 à 950 € | 1 200 à 1 500 € en classe économique, 2 500 € et plus en classe affaires |
| Location de voiture, 7 jours Dépense obligatoire, pas optionnelle : sans voiture, il n’y a pas de séjour. Comptez 20 à 30 € par jour pour une citadine en basse saison chez un loueur local, 35 à 50 € pour une catégorie intermédiaire, et le double en décembre-janvier et en juillet-août où les agences sont à sec. Réserver six mois avant peut faire baisser la facture d’environ un quart. Deux pièges budgétaires : la taxe aéroportuaire fixe, souvent masquée sur les comparateurs, entre 20 et 38 € selon les sources — faites-la confirmer à la réservation ; et le rachat de franchise, car le bris de glace, les pneus et le bas de caisse sont presque toujours exclus des contrats de base. Vérifiez d’abord ce que couvre déjà votre carte bancaire. Un véhicule tout-terrain n’est jamais nécessaire. | 150 à 220 € la semaine | 250 à 380 € la semaine | 450 à 650 € la semaine |
| Carburant Les prix des carburants sont plafonnés chaque mois par arrêté préfectoral à La Réunion, et affichés identiques partout : au 1er octobre 2026, le plafond est de 2,00 € le litre pour le sans-plomb 95 et de 1,80 € pour le gazole. Une semaine d’itinéraire raisonnable représente 600 à 900 kilomètres, soit 40 à 60 litres pour une citadine. Le haut de la fourchette correspond à un séjour qui traverse l’île tous les jours, ce qui est exactement ce qu’il faut éviter. Faites le plein avant de monter dans les Hauts : les stations y sont rares, et fermées le dimanche. | 55 à 75 € | 85 à 110 € | 120 à 160 € |
| Hébergement, par nuit et pour deux personnes Le niveau bas correspond aux gîtes de montagne en dortoir, aux gîtes d’étape et aux chambres d’hôtes simples des Hauts, souvent avec la demi-pension incluse, ce qui en fait le meilleur rapport du séjour. Le niveau moyen couvre les chambres d’hôtes, les locations saisonnières et les hôtels de catégorie intermédiaire. Le niveau haut, les hôtels de la côte Ouest et les lodges. Les gîtes de Mafate et de La Caverne Dufour relèvent du niveau bas mais se réservent trois à six mois à l’avance : le prix n’est pas le facteur limitant, la disponibilité l’est. | 35 à 60 € | 90 à 140 € | 250 à 450 € |
| Repas, par personne et par jour Le niveau bas se tient sans sacrifice : un carri à emporter dans un snack ou un camion-bar coûte 7 à 10 €, un sandwich américain 5 à 7 €, et les supermarchés permettent de préparer les pique-niques. C’est aussi la cuisine la plus intéressante de l’île. Le niveau moyen correspond à un restaurant le midi ou le soir, avec une table d’hôtes à 25-35 € par personne — souvent le meilleur repas de la semaine. Le niveau haut suppose deux restaurants par jour. Attention au décalage : les produits importés en supermarché coûtent 20 à 40 % plus cher qu’en métropole, les produits locaux moins cher. | 15 à 22 € | 35 à 50 € | 80 à 120 € |
| Activités et guides, pour la semaine Le point le plus important de cette page : on peut faire un séjour entier à zéro euro d’activités payantes, parce que les points de vue, les cascades, les bassins, les sentiers, le volcan et les cirques sont tous en accès libre. Les dépenses facultatives : un musée ou un site aménagé 8 à 12 € par personne — Cité du Volcan, Kélonia, Maison Folio ; une sortie canyoning 80 à 120 € ; une observation des baleines, de juillet à octobre, 60 à 90 € ; un guide de moyenne montagne à la journée 180 à 250 € pour le groupe, ce qui est justifié pour la traversée de Mafate ou le Piton des Neiges. Le survol en hélicoptère, 300 à 400 € par personne pour quarante-cinq minutes, est à lui seul le poste qui fait basculer un budget : c’est magnifique et c’est parfaitement facultatif. | 0 à 60 € | 150 à 300 € | 600 à 1 000 € |
| Péages et stationnement Il n’y a aucun péage à La Réunion : l’intégralité du réseau routier, y compris la route des Tamarins et la nouvelle route du littoral, est gratuite. Le stationnement est gratuit sur tous les sites naturels, y compris au Maïdo, au Pas de Bellecombe et au Col des Bœufs. La dépense réelle se limite au stationnement payant des centres-villes de Saint-Denis, Saint-Pierre et Saint-Paul, à 1 à 2 € l’heure, et aux parkings surveillés de quelques plages de l’Ouest. C’est le poste le plus faible du budget, et il mérite d’être mentionné précisément parce que les visiteurs le surestiment. | 0 à 10 € | 20 à 40 € | 50 à 80 € |
| Souvenirs et produits locaux La vanille Bourbon coûte 4 à 8 € la gousse selon la qualité et le circuit, nettement moins au marché de Saint-Pierre ou chez un planteur de Sainte-Suzanne que dans une boutique d’aéroport. Un rhum arrangé artisanal 15 à 30 € la bouteille, le vin de Cilaos 10 à 18 €, un paquet de lentilles de Cilaos 5 à 8 €, le café Bourbon pointu 40 à 80 € les 100 grammes — c’est l’un des cafés les plus chers du monde et le prix n’est pas une arnaque. Les broderies de Cilaos et la vannerie de vacoa sont du vrai artisanat, à des prix qui le reflètent. Achetez sur les marchés forains, pas sur le front de mer touristique. | 20 à 50 € | 80 à 150 € | 300 € et plus |
Ce qui fait vraiment baisser la note
- La saison est le premier levier, et de loin. Partir en mars, en mai, en juin ou en septembre plutôt qu’en août ou en décembre fait économiser 400 à 600 € sur le seul vol, et autant sur la voiture et l’hébergement en haute saison. Ce sont en plus les meilleurs mois pour la montagne : ciel dégagé et sentiers ouverts.
- La plupart des sites naturels sont gratuits, et ce sont eux qu’on vient voir. Le Maïdo, le Pas de Bellecombe, la Plaine des Sables, le Trou de Fer, la rivière Langevin, le Grand Étang, le Cap Méchant, le lagon, les trois cirques et la totalité des sentiers du Parc national s’atteignent sans billet et se garent sans payer. Un séjour à zéro euro d’activité payante ne manque rien d’essentiel.
- Le type d’hébergement pèse plus que son étoile. Les gîtes d’étape, les gîtes de montagne et les chambres d’hôtes des Hauts tournent à 35-60 € la nuit pour deux, souvent avec la demi-pension, contre 120 € et plus pour un hôtel de bord de mer. Ils sont aussi tenus par des gens qui connaissent les sentiers, ce qui a une valeur que le prix ne reflète pas.
- Réserver la voiture six mois avant, au même moment que les vols, vaut environ un quart du prix — et en décembre-janvier comme en juillet-août, c’est la différence entre avoir une voiture et ne pas en avoir du tout.
- Manger local coûte trois fois moins cher et se mange mieux. Un carri à emporter dans un snack de quartier, un bouchon acheté dans un camion-bar, un pique-nique monté au marché forain du matin : le niveau bas du poste repas n’est pas un sacrifice, c’est la cuisine du pays.
- Limiter les kilomètres en organisant le séjour par secteurs. Trois bases pour une semaine au lieu de rayonner depuis une seule divise le carburant, économise deux heures de route par jour, et surtout évite d’arriver sur les points de vue après la montée des nuages. C’est une économie de budget qui est d’abord une économie de temps.
- Renoncer à l’hélicoptère, ou le remplacer par la montée au Maïdo à 5 heures du matin. Le survol coûte 300 à 400 € par personne ; le Maïdo donne une vue sur Mafate pour le prix de l’essence et d’un réveil difficile.
- Ne pas louer un véhicule tout-terrain : une citadine passe partout où une voiture passe, y compris sur la piste de la Plaine des Sables et jusqu’au Col des Bœufs. La différence de catégorie représente 150 à 250 € sur la semaine, pour aucun gain réel.
- Vérifier ce que couvre déjà votre carte bancaire avant de payer un rachat de franchise au comptoir, qui coûte 10 à 20 € par jour. Vérifier aussi la caution bloquée, de 400 à 1 500 € selon le loueur : ce n’est pas une dépense, mais cela immobilise un plafond de paiement pendant tout le séjour.
- Acheter la vanille, le rhum et le café sur un marché forain ou chez un producteur, pas en boutique d’aéroport, où les mêmes produits coûtent couramment le double.
Les tarifs des établissements sont affichés sur leurs fiches. Comparer les hébergements