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Saint-Denis, La Réunion +262 262 02 21 22

À faire

Le Lazaret de la Grande Chaloupe

Après l’abolition de l’esclavage, les travailleurs engagés arrivés par bateau étaient mis en quarantaine ici avant d’entrer dans l’île. Le site est restauré, ouvert et gratuit.

  • Où La Grande Chaloupe, La Possession, route du littoral
  • Durée 1 h 30 à 2 h
  • Quand Toute l’année
  • Budget Gratuit
  • Avec des enfants À partir de 9 ou 10 ans ; le sujet est dur
  • Réservation Non en visite libre ; recommandé pour les groupes

L’esclavage est aboli dans les colonies françaises en 1848. Les propriétaires sucriers perdent leur main-d’œuvre et la remplacent aussitôt par un autre système : l’engagisme. Des hommes et des femmes signent, en Inde surtout, puis en Afrique de l’Est, à Madagascar, aux Comores et en Chine, un contrat de cinq ans qui les lie à une exploitation à l’autre bout de l’océan. Beaucoup traversent sur d’anciens navires de traite.

Avant de débarquer, ils sont retenus ici. Le lazaret est un lieu de quarantaine : l’administration veut empêcher le choléra, la variole et la peste d’entrer dans l’île avec les bateaux. On y reste quelques jours ou plusieurs semaines, dans des dortoirs collectifs, sous l’autorité d’un médecin. Plus de quatre-vingt mille Indiens sont passés par ce seul site. Beaucoup n’en sont pas sortis.

Ce qu’on visite

Il y avait deux lazarets dans le ravin de la Grande Chaloupe, de part et d’autre. Celui qui se visite, le lazaret n° 1, côté La Possession, a été restauré et ouvert au public. On y voit les deux longs dortoirs parallèles, les murs de basalte, les sanitaires, le débarcadère, et une exposition qui s’appuie sur les registres d’arrivée : des noms, des âges, des numéros de contrat, des causes de décès. C’est l’exposition qui fait la visite, plus que les bâtiments.

Le lieu est petit et dépouillé. Il ne cherche pas l’effet. Les salles sont vides et les textes sont précis, ce qui est exactement ce qu’il faut : l’histoire tient dans les documents, pas dans la mise en scène.

Pourquoi ce site compte ici

Une grande partie de la population réunionnaise descend de ces engagés. Les noms de famille d’origine tamoule, les temples de l’Est, la fête de Pandialé, le vocabulaire du créole viennent de là. Beaucoup de familles de l’île cherchent encore leur ancêtre dans ces registres, et les retrouvent. Le lazaret n’est pas une curiosité du passé colonial : c’est le point d’entrée documenté de dizaines de milliers de gens dont les descendants vivent à côté.

L’accès

On y arrive par la route du littoral, entre Saint-Denis et La Possession, par la sortie de la Grande Chaloupe, une sortie courte qu’on manque facilement. Le hameau en bas est habité et desservi par le train touristique quand il circule. Il y a un parking public.

La visite se fait librement ou accompagnée. Quand un médiateur est disponible, prenez la visite guidée : les registres et les noms prennent un autre poids quand quelqu’un les lit à voix haute.

À savoir avant d’y aller

  • Le site est ouvert du mardi au vendredi, de 9 h à 17 h d’après l’office de tourisme, pas le week-end, ce qui surprend beaucoup de visiteurs. Appelez avant de descendre.
  • Comptez vingt minutes depuis Saint-Denis, mais la sortie de la route du littoral est étroite : ralentissez bien avant.
  • Il n’y a ni boutique ni restauration sur place ; prévoyez de l’eau.
  • Si vous préparez un séjour autour de l’histoire de l’île, enchaînez avec le Musée de Villèle à Saint-Gilles-les-Hauts, qui traite l’esclavage. Les deux se complètent et ne racontent pas la même chose.

Vigilance C’est un lieu de mémoire, pas une attraction. Des dizaines de milliers de personnes y ont été enfermées à leur arrivée et beaucoup y sont mortes. La visite se fait en silence et les salles ne sont pas un décor de photo. Si vous venez avec des enfants, lisez les panneaux avant eux : certains détails sanitaires et certaines causes de décès sont crus.