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Saint-Denis, La Réunion +262 262 02 21 22

Dossier

Les plus beaux points de vue

Sur une île qui monte à plus de trois mille mètres en vingt kilomètres, le paysage ne se regarde pas de face : il se regarde depuis un rebord de rempart. Voici les belvédères qui valent le déplacement, ce qu’on y voit et à quelle heure y être.

Un point de vue réunionnais se gagne de deux manières : en voiture, au terme d’une route longue et sinueuse, ou à pied, au terme d’une montée. Dans les deux cas, la variable qui décide de tout n’est ni la distance ni le dénivelé, c’est l’heure. Les Hauts se couvrent en fin de matinée presque tous les jours de l’année. Un belvédère atteint à quatorze heures est, neuf fois sur dix, un mur de nuages.

2 190 maltitude du Maïdo
2 277 mla Roche Écrite
3cirques observables
6 h — 10 hla fenêtre fiable

La règle du matin

Le mécanisme est simple. Les alizés poussent l’humidité contre le relief, elle monte avec la chaleur du jour et se condense. Le résultat est régulier : ciel clair au lever du soleil, premiers nuages vers dix heures, couverture complète en début d’après-midi. Les mois de juillet à octobre allongent un peu la fenêtre, février et mars la raccourcissent.

Concrètement, cela veut dire partir de la côte avant le jour. Depuis Saint-Paul, il faut compter une heure et demie de route pour le Maïdo, et il n’existe aucun raccourci. C’est la contrainte centrale de tout séjour qui veut voir les Hauts, et elle structure les journées plus que n’importe quoi d’autre.

Au-dessus de Mafate

Le cirque de Mafate n’est accessible qu’à pied ou en hélicoptère. Les belvédères qui le surplombent sont donc la seule façon de le comprendre sans y marcher plusieurs jours.

Le Maïdo

Le plus connu, et celui qui donne la vue la plus complète : un rebord de rempart qui tombe d’un seul coup sur les îlets de Mafate, avec le Grand Bénare et le Piton des Neiges en arrière-plan. On distingue à l’œil nu les toits de l’Îlet des Orangers, mille cinq cents mètres plus bas, et les sentiers qui relient les îlets entre eux.

L’accès se fait en voiture depuis Saint-Paul, par Le Guillaume et La Petite France, une route qui traverse les champs de géranium avant d’entrer dans la forêt de cryptomerias. Du parking terminal, quelques minutes de marche sur une rampe aménagée suffisent. C’est le belvédère le plus fréquenté de l’île au lever du soleil : attendez-vous à du monde, et à des voitures garées loin.

Cap Noir, au-dessus de Dos d’Âne

Beaucoup moins couru, et pour certains plus impressionnant. Depuis le village de Dos d’Âne, un sentier facile d’une demi-heure traverse la forêt et débouche sur une avancée rocheuse au-dessus de la Rivière des Galets. En face, l’entrée de Mafate, l’Îlet à Malheur et l’Îlet à Bourse accrochés à la pente ; en dessous, le lit de galets qui sert de voie d’accès au cirque. Un prolongement de dix minutes mène à la Roche Vernet, qui décale l’angle.

Le kiosque de Cap Noir en fait un bon but de petit-déjeuner, et le sentier reste praticable même quand le Maïdo est pris dans les nuages, puisqu’on est mille mètres plus bas.

La Roche Écrite

Celui-là se mérite : une longue journée de marche depuis Le Brûlé, au-dessus de Saint-Denis, avec un gîte à mi-parcours pour ceux qui coupent en deux. La récompense est unique sur l’île : du sommet, on voit Mafate et Salazie en même temps, et derrière soi Saint-Denis et l’océan. C’est aussi le domaine du tuit-tuit, un oiseau endémique dont il ne reste qu’une population très réduite sur ces pentes, ce qui explique les règles de protection affichées sur le sentier.

Au-dessus de Cilaos

Le Dimitile

Un sommet autour de mille huit cents mètres, au-dessus d’Entre-Deux, qui regarde directement dans le cirque de Cilaos. L’accès se fait par une piste réservée aux véhicules adaptés, ou à pied depuis Entre-Deux, par une montée longue et exposée. Le lieu porte une histoire : ces pentes ont servi de refuge aux esclaves marrons, et plusieurs sites aménagés le rappellent le long du parcours.

La route de Cilaos elle-même

La RN5 part de Saint-Louis et remonte la gorge du Bras de Cilaos par une succession de virages, de tunnels étroits et de passages taillés dans la paroi. On l’appelle localement la route aux quatre cents virages. Ce n’est pas un belvédère, c’est une heure et demie de points de vue enchaînés, avec des aires d’arrêt sur les ravines, sur l’Îlet à Cordes et, à l’arrivée, sur le Pain de Sucre dressé au milieu du cirque. Si vous êtes sensible au mal des transports, prenez-en la mesure avant de partir.

Au-dessus de Salazie

La route de Salazie, depuis Saint-André, longe la Rivière du Mât dans une gorge où l’eau tombe de partout. Elle dessert au passage le belvédère du Voile de la Mariée, détaillé dans notre dossier consacré aux cascades.

Plus haut, après Hell-Bourg, les points de vue se tournent vers le Piton d’Anchaing, ce piton isolé au milieu du cirque, et vers les remparts qui ferment l’horizon. La différence avec Mafate est frappante : Salazie est vert, habité, cultivé jusqu’en haut des pentes, là où Mafate est minéral.

Les Hauts du Sud

Le belvédère de Bois Court

Au Tampon, au bout d’une route goudronnée et avec un parking sur place : c’est le point de vue le plus accessible de cette page. On surplombe le village de Grand Bassin, posé au fond de la vallée à la jonction de trois rivières, avec une cascade en face. La descente à pied jusqu’au village prend une bonne heure et demie, et la remontée davantage ; beaucoup se contentent de regarder, ce qui se comprend.

Le Nez de Bœuf

Sur la route du volcan, après Bourg-Murat, un arrêt de quelques minutes de marche au-dessus du canyon de la Rivière des Remparts. La paroi plonge sur plus de mille mètres, et l’on devine au fond le hameau de Roche Plate. C’est le point de vue qui fait le mieux comprendre comment une rivière découpe un volcan. Il se combine naturellement avec la montée au Pas de Bellecombe, quelques kilomètres plus loin.

Conduire dans les Hauts

Les distances sont courtes et les temps de trajet longs. Comptez systématiquement le double de ce qu’annonce une application de navigation, davantage le dimanche, quand les familles montent pique-niquer. Les routes des cirques sont étroites, les croisements de bus et de camions fréquents, et la brume peut tomber en quelques minutes. Rouler de nuit dans les Hauts n’a aucun intérêt et beaucoup d’inconvénients.