Dossier
Les plus belles cascades de La Réunion
Trois mille millimètres de pluie par an sur les Hauts, un relief qui tombe de trois mille mètres à la mer en vingt kilomètres : l’île fabrique des cascades comme nulle part ailleurs. Voici lesquelles valent le détour, et à quelles conditions on s’y baigne.
On peut traverser La Réunion sans jamais voir une cascade, et on peut en voir quinze en trois jours. Tout dépend de l’endroit où l’on regarde : l’Est et les cirques reçoivent l’essentiel des pluies, l’Ouest est sec. Cette page suit cette géographie plutôt qu’un classement.
Dans le cirque de Salazie
C’est le cirque le plus arrosé, et le plus spectaculaire pour qui aime l’eau. La route qui monte vers Hell-Bourg longe une succession de chutes qu’on voit depuis la voiture, sans marcher.
Le Voile de la Mariée
Plusieurs chutes parallèles qui descendent d’une paroi couverte de végétation, visibles depuis un belvédère aménagé au bord de la route. C’est la carte postale du cirque, et elle se mérite peu : on se gare, on traverse, on regarde. À voir de préférence après une pluie, quand les filets deviennent des torrents.
La Cascade Blanche
L’une des plus hautes de l’île, un long ruban qui tombe d’une falaise au fond de la vallée du Mât. On l’aperçoit depuis la route, et elle se photographie mieux le matin, avant que les nuages ne ferment le cirque.
Le Trou de Fer
Le monument. Un gouffre où plusieurs chutes se jettent ensemble, au cœur de la forêt de Bébour-Bélouve. On y accède à pied depuis le gîte de Bélouve, par un sentier qui traverse une forêt de tamarins des Hauts souvent noyée dans la brume. Comptez une demi-journée aller-retour et acceptez l’idée de ne rien voir : le belvédère est dans les nuages une bonne partie de l’année. Les survols en hélicoptère en donnent l’autre vision, celle qui circule partout.
Sur la côte Est
La route qui longe l’océan entre Sainte-Suzanne et Saint-Benoît distribue les bassins les uns après les autres. C’est la zone la plus accessible de l’île pour qui veut se baigner en eau douce.
La cascade Niagara
À Sainte-Suzanne, au bout d’une petite route depuis le centre, une chute large et régulière qui s’élargit encore après les pluies. Parking à quelques dizaines de mètres, pas de marche. La baignade y est régulièrement réglementée, renseignez-vous avant d’entrer dans l’eau.
Le bassin La Paix et le bassin La Mer
Deux bassins de la rivière des Roches, à Bras-Panon. Le premier est au bout d’un sentier court et très fréquenté le dimanche ; le second demande une marche d’une heure en remontant la rivière, et se mérite davantage.
Le bassin Bœuf
Un bassin large sous une chute basse, à Sainte-Suzanne, dans un décor de basalte sombre. Accès par un sentier escarpé qui glisse dès qu’il a plu.
Dans le Sud sauvage
Le Grand Galet, sur la rivière Langevin
La cascade la plus photographiée de l’île : une paroi d’où l’eau sort en dizaines de jets à la fois, et non en une seule chute. La route qui remonte la rivière Langevin depuis Saint-Joseph est une visite en soi, avec ses bassins successifs. Venez tôt, le parking déborde dès le milieu de matinée.
Les bassins de Manapany et de Grande Anse
Ce ne sont pas des cascades, mais ils complètent la journée : deux bassins aménagés dans la roche, en bord d’océan, où l’on se baigne quand la mer, elle, est formellement déconseillée.
Dans l’Ouest
La ravine Saint-Gilles abrite trois bassins en enfilade, le bassin des Aigrettes, le bassin Cormoran et le Bassin Bleu, reliés par un sentier qui part de l’arrière de Saint-Gilles. C’est la seule promenade d’eau douce vraiment proche des hôtels de la côte ouest. La baignade y est souvent interdite : on vient pour la marche et le décor.
Quand venir les voir
De janvier à avril, elles sont pleines, parfois impressionnantes, et les accès peuvent être coupés après un épisode pluvieux. De juillet à octobre, elles sont plus maigres mais les sentiers sont praticables et le ciel dégagé. Si vous venez pour les cascades et seulement pour elles, visez mars ou avril, juste après la saison des pluies.
Les voir autrement
Le canyoning donne accès à des chutes qu’aucun sentier ne dessert : Trou Blanc, Fleurs Jaunes, Takamaka, Langevin. Ces descentes se font exclusivement avec un professionnel diplômé, qui connaît les horaires de lâcher d’eau des installations hydroélectriques et lit la météo des Hauts, ce qu’aucun visiteur ne sait faire.