Seize choses qu’on aurait aimé savoir avant de partir, dont trois qui relèvent de la sécurité et une qui se décide des mois avant le départ.
La voiture n’est pas une option
Il faut louer une voiture, pour toute la durée du séjour, prise à l’aéroport le jour de l’arrivée. Ce n’est pas un conseil de confort : aucun transport en commun ne dessert les sites de l’intérieur à des horaires utiles. Le réseau de cars Jaune relie correctement les villes du littoral, mais il ne monte ni au Maïdo, ni au Pas de Bellecombe, ni à Cilaos avant le milieu de la matinée, et il ne redescend pas le soir. Sans voiture, un séjour à La Réunion se réduit à une plage et à deux marchés.
On ne se baigne pas partout, et c’est réglementé
La baignade et les activités de surface — surf, bodyboard, bodysurf, longboard, paddle — sont interdites par arrêté préfectoral hors des zones autorisées, depuis la série d’arrêtés de 2013, reconduits chaque année depuis. Le risque requin est réel et les interdictions ne sont pas décoratives. Restent autorisés : le lagon et les platiers de Saint-Gilles, l’Ermitage, La Saline-les-Bains, Saint-Leu et Saint-Pierre ; les bassins de baignade aménagés et protégés par filet ; et les zones d’expérimentation surveillées par le dispositif Vigies requins, à Boucan Canot, aux Roches Noires et à L’Étang-Salé, aux heures de surveillance seulement. Partout ailleurs sur le littoral, on ne met pas les pieds à l’eau. L’intérieur de l’île, lui, offre des dizaines de bassins d’eau douce : c’est là que se baignent les Réunionnais. Vérifiez l’état en vigueur sur les sites de la préfecture de La Réunion et de Vigies requins avant de partir.
Il fait froid en altitude, vraiment froid
C’est l’erreur la plus fréquente, et la plus facile à éviter : on part en maillot de bain pour une île tropicale et on grelotte à 2 000 mètres. Comptez 5 à 10 °C au Pas de Bellecombe avant le lever du jour, et une température proche de zéro au sommet du Piton des Neiges à 3 070 mètres, avec du vent. La règle est d’environ 6 °C de moins par millier de mètres gagné. Il faut donc une vraie veste coupe-vent, un bonnet pour les sommets, et des chaussures fermées — pas des tongs. Le soleil du milieu de journée fait oublier tout cela ; les départs se font à 5 heures du matin.
Ce qui se réserve des mois à l’avance
Deux choses, et elles conditionnent le séjour. Les gîtes de Mafate : une vingtaine d’hébergements dans le cirque, pas un de plus, pour toute la demande de l’île et de l’extérieur ; comptez trois à six mois avant pour un week-end ou la haute saison, et passez par la centrale de réservation de l’Île de La Réunion Tourisme ou directement par les gîtes. La voiture : en juillet-août, pendant les vacances scolaires australes de décembre-janvier et pendant les petites vacances locales, les agences sont à sec et les prix doublent ; réservez-la en même temps que les vols. Les gîtes de montagne du Piton des Neiges — La Caverne Dufour — relèvent de la même logique. Pour le reste, deux à trois semaines suffisent largement.
La météo ne dépend pas de la saison, mais de l’altitude et de l’heure
Il peut faire 30 °C sur le lagon de l’Ouest et pleuvoir à Salazie le même après-midi, à quarante kilomètres de là. Le relief crée des micro-climats : l’Est et le Sud-Est reçoivent plusieurs mètres de pluie par an, l’Ouest est sec. L’heure compte autant que l’endroit : les nuages montent des côtes vers l’intérieur et recouvrent les points de vue d’altitude à partir de 9 ou 10 heures la plupart des jours. Un point de vue se mérite au lever du jour, pas après le petit-déjeuner. Corollaire : une journée de pluie en montagne n’annule pas le séjour, elle le déplace vers l’Ouest.
Les sentiers ferment, et les fermetures sont opposables
L’Office national des forêts, en lien avec la préfecture, ferme les sentiers par arrêté après les cyclones, les fortes pluies ou les éboulements — et parfois pour longtemps. Le cyclone Garance, en 2025, a fermé plusieurs dizaines d’itinéraires, dont certains pendant des mois. L’accès à l’enclos Fouqué du Piton de la Fournaise a été fermé en août 2025 après un éboulement de l’escalier du Pas de Bellecombe, puis rouvert en mai 2026 sur deux itinéraires seulement. La carte à jour est publiée par l’ONF ; consultez-la la veille de chaque randonnée, pas au départ du parking. Passer une barrière fermée expose à une amende et, en cas d’accident, à une absence de couverture.
Le réseau mobile s’arrête en montagne
La couverture 4G est bonne sur tout le littoral et dans les villes des Hauts. Elle devient inexistante dans les cirques, dans les ravines, sur une bonne partie des sentiers et dans Mafate — où certains îlets n’ont qu’un point de réception connu des habitants. Téléchargez vos cartes hors ligne avant de partir en randonnée, prévenez quelqu’un de votre itinéraire, et ne comptez pas sur votre téléphone pour appeler des secours depuis le fond d’une ravine. Le 112 fonctionne dès qu’un réseau, quel qu’il soit, est capté.
Conduire ici demande de l’attention, pas du courage
Les routes sont goudronnées, entretenues et correctement signalées. Ce qui surprend, c’est le temps : la route de Cilaos compte plus de quatre cents virages sur une trentaine de kilomètres et se fait en une heure et demie ; les routes de Mafate n’existent pas. Un trajet annoncé en 45 minutes par un GPS en prend souvent 70. Trois habitudes à prendre : klaxonner dans les virages aveugles des petites routes des Hauts, ne pas s’engager dans une radier — une route qui traverse une ravine à gué — quand l’eau monte, et refaire le plein avant de monter dans les Hauts, où les stations sont rares. Un véhicule tout-terrain n’est jamais nécessaire : une citadine suffit partout où une voiture passe.
Moustiques : dengue, chikungunya, et de quoi s’en protéger
La dengue circule de façon endémique à La Réunion, avec quelques centaines de cas autochtones par an et des foyers actifs qui se déplacent d’une commune à l’autre ; le chikungunya a connu une épidémie importante en 2025, retombée depuis à quelques dizaines de cas. Le moustique vecteur, Aedes albopictus, pique le jour, surtout en début de matinée et en fin d’après-midi. Les gestes utiles : répulsif cutané adapté, vêtements couvrants aux heures de pique, et pas d’eau stagnante autour du logement. La saison des pluies, de janvier à avril, est la plus exposée. Autre point moins connu : la leptospirose, transmise par l’eau douce — deux cents cas et une poignée d’hospitalisations graves par an — ce qui impose de ne pas se baigner en rivière avec une plaie ouverte, et pas du tout après de fortes pluies. Le point de situation hebdomadaire est publié par l’ARS La Réunion et Santé publique France.
L’eau du robinet : bonne presque partout, à vérifier dans les Hauts
Sur le littoral et dans les villes, l’eau du réseau est potable et se boit sans précaution. Dans certaines communes des Hauts et de l’Est, des réseaux alimentés par des captages de surface font l’objet de restrictions de consommation ponctuelles, parfois prolongées, notamment après de fortes pluies qui troublent l’eau. Ces avis sont affichés par les mairies et publiés par l’ARS La Réunion commune par commune : si vous logez dans les Hauts, posez la question à votre hôte, qui saura. En randonnée, ne buvez jamais l’eau des ravines sans la traiter.
Le volcan ne se commande pas
Le Piton de la Fournaise est l’un des volcans les plus actifs du monde, avec en moyenne une à deux éruptions par an, mais personne ne sait quand. Beaucoup de visiteurs arrivent en espérant voir de la lave et repartent déçus : c’est une déception évitable, à condition de savoir à l’avance que le volcan se visite pour son paysage — la Plaine des Sables, l’enclos, le Formica Leo — et non pour un spectacle. Quand une éruption se déclare, les accès sont justement restreints par arrêté. L’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise publie l’état d’activité, la préfecture publie les accès.
Décalage horaire : léger, et dans le bon sens
La Réunion est à UTC+4, sans changement d’heure. Depuis la France métropolitaine, cela fait deux heures de décalage en été et trois en hiver, l’île étant toujours en avance. C’est négligeable sur le plan physiologique : ce qui fatigue, c’est le vol de onze heures, pas le décalage. Ne prévoyez rien d’ambitieux le jour de l’arrivée, et tout ira bien dès le lendemain. Le soleil se lève tôt et se couche tôt, entre 17 h 45 et 19 h selon la saison, avec un crépuscule bref : les journées se calent naturellement sur un lever à 6 heures.
Monnaie, paiements, formalités
La Réunion est un département français et une région ultrapériphérique de l’Union européenne : on paie en euros, la carte bancaire est acceptée partout, les distributeurs sont nombreux sur le littoral et rares dans les Hauts. Pour un ressortissant français ou européen, il n’y a ni visa, ni passeport nécessaire — une carte d’identité en cours de validité suffit — ni formalité douanière particulière, ni vaccination obligatoire. La carte Vitale fonctionne, les pharmacies et les hôpitaux sont ceux du système de santé français. Prévoyez tout de même un peu d’espèces : les petits commerces des Hauts, les camions-bars et certains marchés ne prennent pas la carte.
La langue : français partout, créole tout le temps
Le français est la langue officielle et administrative ; tout le monde le parle et vous serez compris sans effort. Le créole réunionnais est la langue du quotidien, parlée entre Réunionnais, et vous l’entendrez constamment sans avoir à le pratiquer. Quelques mots que vous croiserez sur une carte ou un panneau : un carri, le plat de base ; un rougail, la préparation pimentée qui l’accompagne ; un boucan, une case en bois ; un îlet, un hameau au fond d’un cirque ; une ravine, une vallée sèche la plupart du temps ; les Hauts, l’intérieur de l’île, par opposition aux Bas du littoral. « Kosa in ni ? » veut dire « quoi de neuf ? ».
Les horaires ne sont pas ceux de la métropole
La journée commence tôt : les boulangeries ouvrent à 5 h 30, les bureaux à 7 h 30, les marchés forains à 6 heures et se vident à 11 heures. Elle s’arrête tôt aussi : beaucoup de petits commerces ferment entre 12 h et 14 h et baissent le rideau vers 18 heures. Les restaurants servent le déjeuner de 11 h 30 à 13 h 30, et le dîner tôt — à 21 heures, les cuisines sont souvent fermées en dehors de Saint-Denis et de Saint-Pierre. Les supermarchés du littoral ferment en général à 19 h ou 20 h. Conséquence pratique : un pique-nique se prépare la veille au soir, jamais le matin du départ.
Le dimanche, l’île est à la rivière
Le dimanche, les commerces sont fermés en dehors des boulangeries du matin et de quelques stations-service ; les restaurants des zones touristiques ouvrent, les autres pas. En revanche, c’est le jour du pique-nique familial : les kiosques des sites aménagés — Grand Étang, la rivière Langevin, le Maïdo, l’Étang-Salé, les Hauts de Saint-Paul — sont occupés dès 7 heures du matin par des familles entières, avec marmites, musique et parties de dominos. Ce n’est pas une gêne, c’est la meilleure chose à voir de la semaine, à condition d’arriver tôt et de ne pas espérer le calme. Les sites les plus courus sont saturés et les parkings pleins avant 9 heures. Prévoyez vos randonnées le dimanche et vos visites de musées un autre jour.
La voiture est le premier réflexe à avoir, avant même l’hébergement. Voir les loueurs