À faire
Courir un trail à La Réunion
Les sentiers de l’île montent et descendent sans répit, dans l’humidité, sur de la roche et des racines. Un trail réunionnais ne se compare pas à un trail métropolitain de même distance.
- Où Les Hauts et les cirques, d’un bout à l’autre de l’île
- Durée De 1 h sur un sentier d’entraînement à plus de 60 h sur la Diagonale
- Quand Mai à novembre pour s’entraîner ; les grandes courses ont lieu en octobre
- Budget Gratuit en entraînement libre ; 20 à 60 € l’inscription sur un format court
- Avec des enfants Non pour les courses ; oui sur les sentiers faciles des Hauts
- Réservation Inscription obligatoire pour les courses, par tirage au sort sur le Grand Raid
La Réunion est une île volcanique jeune, haute de trois mille soixante-neuf mètres, avec un maillage de sentiers hérité des déplacements à pied entre les îlets. Résultat : il n’y a presque pas de plat. Les sentiers montent en lacets serrés sur plusieurs centaines de mètres, redescendent de même, et le rapport dénivelé-distance y est deux à trois fois celui d’un sentier de moyenne montagne continentale. Un cinquante kilomètres ici peut représenter deux mille cinq cents mètres de dénivelé positif.
Pourquoi la comparaison ne tient pas
Trois facteurs se cumulent. Le terrain d’abord : marches de roche basaltique, racines, galets roulants, passages taillés dans le rempart avec des mains courantes. On ne court pas une descente de Mafate, on la négocie. L’humidité ensuite : dans les Hauts de l’Est et dans les cirques, l’air est saturé, la sueur n’évapore pas, et la thermorégulation se fait mal — ceux qui abandonnent sur les grandes courses sont souvent partis sur un rythme de métropole. L’amplitude thermique enfin : vous pouvez partir à vingt-huit degrés au littoral et passer la nuit à cinq degrés sur la Plaine des Cafres, dans le vent.
À cela s’ajoute une donnée pratique : les sentiers des cirques et du Volcan ferment régulièrement, pour éboulement, pour travaux ou après de fortes pluies. Vérifiez l’état d’ouverture auprès du Parc national avant toute sortie longue, et n’improvisez pas une liaison hors sentier balisé.
Les courses
Le Grand Raid, en octobre, réunit plusieurs formats. La Diagonale des Fous traverse l’île du sud au nord sur environ cent soixante-quinze à cent quatre-vingts kilomètres pour plus de dix mille mètres de dénivelé positif. Le Trail de Bourbon fait cent six kilomètres et six mille deux cents mètres, La Mascareignes soixante-quatorze kilomètres et trois mille huit cents mètres, le Metis Trail une cinquantaine de kilomètres et deux mille cinq cents mètres. Il existe aussi un relais à quatre, le Zembrocal. La demande dépasse largement les places : les inscriptions passent par un tirage au sort et se préparent près d’un an à l’avance.
Le reste de l’année, le calendrier local propose des formats courts beaucoup plus accessibles : une vingtaine de kilomètres à La Salazienne ou sur la Course Papangue, vingt-trois kilomètres autour du Bassin Vital à Saint-Paul, vingt-huit kilomètres au Trail des Anglais, onze kilomètres sur le trail urbain de Saint-Denis, dix kilomètres au Volcan. C’est la bonne porte d’entrée pour un visiteur qui court : l’ambiance est locale, les tarifs modestes, et le niveau de difficulté suffit largement à comprendre le terrain.
S’entraîner sans course
Les sentiers du Volcan autour du Pas de Bellecombe, la Plaine des Sables, le tour du Piton d’Anchaing depuis Hell-Bourg, la forêt de Bélouve ou les sentiers des Makes se courent très bien hors épreuve. Partez tôt : les nuages montent dans les Hauts en début d’après-midi et la visibilité tombe à quelques mètres.
À savoir avant d’y aller
- Divisez par deux votre allure habituelle sur la première sortie, et jugez après.
- Partez avant six heures : la fenêtre météo des Hauts se referme souvent entre onze heures et treize heures.
- Emportez deux litres d’eau sur une sortie longue : les sources sûres sont rares et l’eau des ravines ne se boit pas sans traitement.
- Prenez des chaussures à crampons profonds ; une semelle de route glisse sur la roche humide et sur les racines.
- Un coupe-vent et une couche chaude même par beau temps : la température tombe vite en altitude dès que le soleil passe derrière un rempart.
- Vérifiez l’ouverture des sentiers auprès du Parc national de La Réunion avant de partir, et laissez votre itinéraire à quelqu’un.
- Pour les grandes courses, visez l’inscription un an à l’avance et comptez une qualification par points.
Vigilance Les abandons sur les grandes courses viennent rarement du manque d’entraînement et souvent de l’humidité, de la chaleur du littoral et de la technicité des descentes. Ne jugez pas une épreuve sur sa distance seule : regardez le dénivelé, le profil et les barrières horaires. Hors course, le hors-sentier est dangereux et interdit dans les zones protégées du Parc national, et le secours en rempart peut prendre des heures.