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Saint-Denis, La Réunion +262 262 02 21 22

À faire

Visiter une vanilleraie

La vanille Bourbon se cultive sous les arbres de la côte est, se féconde à la main fleur par fleur, et se prépare pendant près d’un an. Une heure de visite suffit à comprendre pourquoi elle coûte ce prix.

  • Où Sainte-Suzanne, Saint-André, Sainte-Rose, Saint-Philippe
  • Durée 1 h
  • Quand Toute l’année ; floraison et pollinisation plutôt d’août à novembre
  • Budget Moins de 10 € la visite guidée
  • Avec des enfants Oui, dès 6 ans
  • Réservation Oui ; les visites partent à heures fixes

La vanille est l’orchidée Vanilla planifolia, arrivée du Mexique. Hors de son aire d’origine, elle ne trouve pas son pollinisateur naturel : elle fleurit et ne donne rien. En 1841, à Sainte-Suzanne, un jeune esclave nommé Edmond Albius met au point le geste qui permet de féconder la fleur à la main, en soulevant la membrane qui sépare les organes mâle et femelle avec une pointe de bambou. Le procédé n’a pas changé depuis, et c’est lui qui a rendu possible toute la culture mondiale de la vanille.

À La Réunion, les plantations tiennent sur la côte est et dans le sud-est, de Sainte-Suzanne à Saint-Joseph, avec une forte concentration à Sainte-Rose et Saint-Philippe. Neuf dixièmes des surfaces sont plantés sous-bois : la liane grimpe sur des arbres tuteurs, dans une forêt éclaircie, à l’ombre et dans l’humidité. Il n’y a pas de champ, pas de rang, pas de clôture — ce qui surprend ceux qui attendaient une plantation.

Ce que montre la visite

Le parcours est partout le même : la liane et ses variétés, le geste de pollinisation expliqué puis montré, et surtout l’atelier de préparation, qui est la partie intéressante. La gousse verte cueillie n’a aucune odeur. Il faut l’échauder — un bain d’eau chaude de quelques secondes à quelques minutes — puis l’étuver dans des caisses doublées de couvertures pendant un à trois jours, la sécher au soleil puis à l’ombre pendant deux à quatre mois, et enfin l’affiner en malle plusieurs mois encore. C’est là que la vanilline se développe. Entre la fleur fécondée à la main et la gousse vendue, il s’écoule plus d’un an et demi.

Les chiffres disent le reste. La Réunion produit quelques tonnes de vanille noire par an, pour une consommation locale estimée à une douzaine de tonnes, et l’île en produisait deux cents tonnes à la fin du XIXe siècle. Une vanilleraie n’est pas une industrie : c’est une poignée d’exploitations qui tiennent une filière à bout de bras.

Quand venir, et ce qu’on ne verra pas

La floraison dure deux à trois mois, plutôt de la fin de l’hiver au printemps austral, et c’est la seule période où l’on voit la pollinisation se faire pour de bon, tôt le matin, fleur par fleur. Hors de cette période, il n’y a rien à voir sur la liane : des feuilles, des tuteurs, et une démonstration faite sur une fleur conservée ou en vidéo. La visite reste utile pour l’atelier de préparation, qui tourne une bonne partie de l’année, mais dites-vous que vous verrez le séchoir et pas le champ.

À la boutique, on trouve la gousse à l’unité ou au tube, la poudre, l’extrait et les dérivés. Une gousse correcte est souple, foncée, grasse au toucher, et se noue autour du doigt sans casser. Une gousse sèche et cassante a été mal séchée ou trop stockée.

À savoir avant d’y aller

  • Appelez pour connaître l’heure des visites : elles partent à heures fixes, souvent vers 10 h, 11 h, 14 h, 15 h et 16 h, et on n’entre pas entre deux.
  • Demandez si la pollinisation se fait le jour de votre passage ; si oui, venez le matin.
  • Les sous-bois sont humides et il y a des moustiques : pantalon et chaussures fermées.
  • Achetez sur place plutôt qu’à l’aéroport, et demandez la provenance : beaucoup de vanille vendue dans l’île vient de Madagascar.
  • Combinez avec une autre halte de la côte est — la cascade Niagara à Sainte-Suzanne, le temple du Petit Bazar à Saint-André — la route est la même.

Vigilance Les boutiques et les visites ferment en général le dimanche, et plusieurs exploitations coupent entre 12 h 30 et 13 h 30. Hors saison de floraison, la partie « plantation » de la visite est maigre : si c’est elle qui vous intéresse, venez entre août et novembre, ou renoncez sans regret.