À faire
La route des Laves et le Grand Brûlé
Sur une quinzaine de kilomètres, la RN2 traverse les coulées de lave datées du Piton de la Fournaise. C’est le seul endroit où l’on roule sur une route reconstruite plusieurs fois par-dessus la roche qui l’avait coupée.
- Où RN2 entre Saint-Philippe et Sainte-Rose, Grand Brûlé
- Durée 2 à 3 h en s’arrêtant, une demi-journée avec les tunnels de lave
- Quand Toute l’année ; le matin, avant la chaleur sur la roche noire
- Budget Gratuit ; 50 à 80 € par personne pour une visite guidée de tunnel de lave
- Avec des enfants Oui pour la route et Notre-Dame des Laves ; à partir de 8 ans pour les tunnels
- Réservation Non pour la route. Oui, à l’avance, pour un tunnel de lave avec un guide
Le Grand Brûlé est la pente par laquelle le Piton de la Fournaise rejoint la mer. Les coulées y descendent de l’enclos et traversent la route nationale, qu’on reconstruit ensuite par-dessus. Le résultat est lisible comme une carte : des panneaux datent chaque coulée, 1977, 1986, 1998, 2002, 2004, 2007, et les suivantes.
En roulant de Saint-Philippe vers Sainte-Rose, on passe d’une forêt tropicale dense à un champ de roche noire où rien ne pousse, puis à des coulées plus anciennes où la végétation revient par taches. La différence entre une coulée de vingt ans et une de cinquante se voit à l’œil nu.
Les arrêts qui valent le détour
Notre-Dame des Laves, à Piton Sainte-Rose : en 1977, une coulée a traversé le village, est entrée par la porte de l’église et s’est arrêtée au pied de l’autel. L’église est toujours là, la lave aussi, et le sol est resté tel quel. C’est un lieu de culte en activité : visite silencieuse, pas de drone.
La coulée de 2007, la plus spectaculaire : elle a coupé la route sur plus d’un kilomètre et créé une avancée de terre nouvelle sur l’océan, la plage du Tremblet, au sable noir. On se gare sur les aires aménagées, pas sur la chaussée.
Le sentier des Laves, depuis la RN2, mène à la limite nord des coulées récentes quand les arrêtés le permettent. Le reste du temps, il reste la route.
Les tunnels de lave
Quand une coulée se refroidit en surface, la lave continue de couler dessous et laisse un tunnel vide. Ceux de 2004 et de 2007 se visitent, uniquement avec un guide, casque et frontale fournis. Comptez deux à trois heures et une progression parfois à quatre pattes. Les opérateurs sérieux sont déclarés et assurés : demandez leur agrément. Les tunnels sont fermés par arrêté pendant les éruptions.
Ce qu’il ne faut pas faire
Marcher sur les coulées hors sentier. Le sol repose sur des cavités et s’effondre : des accidents graves sont arrivés ainsi, à vingt mètres de la route. La roche est par ailleurs coupante comme du verre pilé, et une chute sur de la lave cordée déchire les mains. Emporter des blocs de lave est aussi mal vu — et interdit sur les secteurs protégés du Parc national.
À savoir avant d’y aller
- Partez le matin : la roche noire monte à des températures invivables en milieu de journée et il n’y a aucune ombre.
- Deux litres d’eau par personne, chapeau, crème solaire. L’exposition est totale.
- Chaussures fermées à semelle épaisse. Les sandales ne tiennent pas dix minutes sur de la lave.
- Les aires d’arrêt sont rares et étroites : ne vous garez pas sur la bande d’arrêt d’urgence de la RN2, les camions passent vite.
- Pour un tunnel de lave, réservez plusieurs jours à l’avance et vérifiez que l’opérateur est déclaré.
- Vérifiez l’état de la RN2 la veille : elle est coupée pendant les éruptions qui atteignent la mer.
Vigilance En cas d’éruption dans le Grand Brûlé, la RN2 est fermée par arrêté préfectoral et les abords sont évacués : la rencontre de la lave et de l’eau de mer produit des panaches acides et des projections. Ne cherchez pas un point de vue en contournant les barrages, et ne restez pas en bordure de coulée active. Hors éruption, le danger reste le sol : ne quittez jamais les sentiers et les aires aménagées, les effondrements sur tunnel de lave ne se voient pas d’en haut.